Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 23:32

L'Union Européenne, dans le cadre de ses subventions agricoles, contribue à financer les ganaderias, les élevages de taureaux de corrida.

Un vote du Parlement européen vient de maintenir ces subventions, mais cependant il faut souligner que la majorité des suffrages exprimés était en faveur de leur suppression.

 

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L'eurodéputé député néerlandais Bas Eickhout avait déposé un amendement visant à mettre fin aux subventions européennes pour la reproduction et l'élevage de taureaux destinés à la corrida :

"Les crédits ne sauraient être utilisés pour soutenir l'élevage ou la reproduction de taureaux utilisés pour des activités entraînant la mort de l'animal."

 

Cet amendement a été soumis au vote en séance du Parlement européen ce 22 octobre 2014.

La majorité requise était de 376 (la moitié + 1 des 751 eurodéputés).

Résultats sur les 690 votants :

. 323 pour

. 309 contre

. 58 abstentions.

 

Malgré le rejet de l'amendement, le nombre de 323 votes favorables est extrêmement encourageant. La cyber-sollicitation des députés européens par les citoyens, initiée par les associations de défense animale et largement relayée, a porté ses fruits.

 

Les associations anticorrida françaises ont été très actives dans cette démarche, mais la France est comme d'habitude à la traîne sur les questions animales :

En effet, les votes de nos 74 eurodéputés français se sont répartis comme tel :

- NON : 42

- OUI : 19

- Abstention (ou absents) : 13

 

Voici les votes selon les principaux groupes politiques :

 

EELV (6 députés)   : 6 OUI

Il faut saluer EELV pour sa cohérence. EELV est enfin en train de rattraper son retard sur la condition animale, par rapport aux partis écologistes des autres pays européens.

 

UMP (20 députés) : 20 NON

PS (12 députés)     : 12 NON

On constate aussi la "cohérence" des deux partis traditionnellement de gouvernement : les eurodéputés UMP comme PS ont eu pour consigne de voter contre l'amendement. Surtout rien qui puisse contrarier le monde agricole (même une infime partie), surtout rien qui puisse réduire les subventions européennes vers l'hexagone (même une infime partie).

 

FN (23 députés)     : 7 OUI, 6 NON, 6 ABST, 4 absents

Le FN (majoritaire depuis l'élection de mai 2014) se partage entre les "oui", les "non" et les "ni oui ni non".

 

UDI (7 députés)     : 3 OUI, 3 NON, 1 ABST

L'UDI est également partagé.

 

FDG (3 députés)    : 1 OUI, 2 ABST

 

 

Pour le détail par député, cf ce TABLEAU DÉTAILLÉ.

Rappelons que chacun peut retrouver les eurodéputés de sa circonscription à partir du site du Parlement européen (menu "Zone électorale").

Par Vétérinaires Anti Corrida - Publié dans : Événements
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Vendredi 19 septembre 2014 5 19 /09 /Sep /2014 23:32

La pratique dite du "Toro de la Vega" a plus que jamais cette année suscité des polémiques en Espagne. Les parallèles avec la corrida sont évidents.

 

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Nous avions voici 2 ans consacré un article au Toro de la Vega, qui a lieu chaque année le mardi suivant le 8 septembre, fête de la Virgen de la Guía, à Tordesillas dans la province de Valladolid, communauté autonome de Castille-et-Léon en Espagne.

Un taureau est lâché dans les rues de la ville, puis poursuivi par une foule armée de lances, à pied ou à cheval, jusque dans la plaine (la vega), où il est achevé, à la lance puis à coups de poignard dans la nuque.

 

Cette année cette coutume a eu lieu mardi 16 septembre. La polémique à laquelle elle a donné lieu en Espagne a été considérable, relayée par nombre d'articles et de reportages dans la sphère médiatique espagnole.

 

Pourquoi cette coutume doit-elle retenir notre intérêt ?

 

 

1 - Comme pour la corrida, des sévices caractérisés sur un taureau sont justifiés au prétexte d'une tradition, ici pluricentenaire, et à grands renforts d'élucubrations historico-anthropologiques.

Ce 5 septembre, un "Congrès International du Toro de la Vega" avait été bricolé pour tenter de donner le vernis culturel convenu à cet événement.

Notons parmi les intervenants un vétérinaire colombien, Ricardo Andrés Roa-Castellanos, dont l'intervention s'intitulait Critique des sophismes en bioéthique animale (!) Il faut dire qu'il a été enseignant-chercheur à l'Institut de bioéthique de l'Université pontificale Javeriana de Bogota, établissement sous l'autorité du Vatican, fondé en 1623 par les Jésuites. On y a donc très longtemps enseigné que le soleil tournait autour de la terre (dix ans après sa fondation, Galilée fut condamné par la Sainte Inquisition pour avoir mis en cause ce dogme).

 

Un autre intervenant, un certain André Viard, proclamait d'ailleurs le 8 septembre, dans le discours d'ouverture de ces festivités en l'honneur de Notre Dame la Vierge de la Peña :

"La Bible dit que Dieu a mis l'homme à la tête de sa Création pour la dominer. De fait, les animaux ignorent la charité, et la seule loi qu'ils respectent est la loi de la jungle. Le fort tue le faible."

Tout un programme !…

 

Bien entendu, la conclusion de ce "Congrès" appelait à l'inscription du Toro de la Vega au Patrimoine Culturel Immatériel de l'humanité de l'Unesco, de même que le microcosme tauromachique prétend la revendiquer pour la corrida.

 

 

2 - Comme pour la corrida, un nombre croissant de personnalités espagnoles s'y opposent, du monde du spectacle ou des arts mais aussi du monde de la politique (députés, sénateurs, eurodéputés, élus locaux…) 

 

Notons aussi que le maire de Tordesillas, qui défend cette pratique, est socialiste. Or, en Espagne, et d'une façon générale dans les pays hispanophones, la corrida et les traditions impliquant la maltraitance d'animaux sont toujours défendues par la droite, et souvent condamnées par la gauche. Ceci contrairement à la France, où la corrida échappe aux clivages politiques (à l'exception des Verts).

Toujours est-il que Pedro Sánchez, le secrétaire général du PSOE (le Parti socialiste espagnol) est intervenu ce 17 septembre de façon inhabituelle par téléphone, au cours d'une émission de télévision à forte audience, pour exprimer son opposition au Toro de la Vega (ainsi qu'aux corridas), et s'engager à faire voter une loi contre la maltraitance animale interdisant cette pratique s'il venait au pouvoir.


Les élus locaux du PSOE soutiennent comme il se doit le maire de Tordesillas (le clientélisme des élus locaux, en l'occurrence socialistes, est malheureusement bien connu en France aussi). Mais le secrétaire général s'est bien sûr exprimé avec la caution des instances dirigeantes du PSOE. Précisons que pour l'instant le texte contre la maltraitance animale n'est qu'une brève proposition non législative déposée le 18 septembre, par laquelle le groupe socialiste demande simplement au gouvernement de prendre des mesures "visant à empêcher les situations de maltraitance animale dans les spectacles publics et les fêtes populaires dans l'ensemble du territoire national".


Le 19 septembre dans la matinée (alors que les résultats négatifs du référendum pour l'indépendance de l'Écosse étaient confirmés…), le PSOE twittait que "la protection animale ne peut pas être distincte dans chaque communauté autonome".

Cette même matinée, sur la chaîne de radio COPE (00:13:00), le secrétaire général du PSOE précisait toutefois qu'il n'interdirait pas les corridas, et confirmait plus tard dans la journée, lors d'une assemblée-débat à Saragosse, que la culture taurine était autre chose que les coutumes comme le Toro de la Vega. Donc la corrida reste la fiesta nacional à laquelle on ne touche pas.

 

 

3 - Comme pour la corrida, des protestations massives ont eu lieu

 

- À Madrid, le samedi 13 septembre, des milliers de personnes ont manifesté contre le Toro de la Vega. On peut consulter ce compte-rendu en français.

 

 

- À Tordesillas, le mardi 16 septembre, des centaines de citoyens protestaient sur place.

 

Más vídeos en Antena3

 

 

4 - Comme pour la corrida, les dérapages violents sont clairement du côté de ceux qui maltraitent les animaux.

Bien entendu, avant même le début des festivités, les organisateurs du "Congrès du Toro de la Vega " y ont été de l’habituel couplet sur les insultes et les menaces "gravissimes" dont ils auraient été l’objet.

 

Le jour du Toro de la Vega, la tâche des quelque 120 agents de la Guardia Civil, déployés pour l’occasion, consista essentiellement à évacuer manu militari les centaines de protestaires qui se tenaient assis ou debout sur le trajet du taureau. Avec l'appui des doigts d’honneur, des injures et des menaces des participants et des spectateurs.

 

L’association de la presse de Valladolid a publié un communiqué dénonçant les agressions et les menaces dont ont été victimes des journalistes durant le Toro de la Vega.

Qui sont donc les responsables de ces agressions ? Les partisans du Toro de la Vega, évidemment.

 

Le quotidien de droite La Razón publie l'information en l'illustrant de la photo d'un habitant de Tordesillas menaçant des photographes avec un bâton.

 

Le quotidien La Vanguardia précise que des journalistes, notamment de télévision, ont été pris à partie par de jeunes participants, qui leur reprochaient de filmer l'expulsion des opposants, et les rendaient responsables de diffuser et de faire la promotion des incidents

La journaliste de eldiario.es Ruth Toledano a ainsi reçu un coup de poing dans le dos.

 

Le quotidien de droite ABC, pourtant fervent partisan des traditions, rapporte l'agression de Juan Postigo, journaliste à la Tribune de Valladolid. Il a été poussé à terre et frappé à coups de pieds par des individus au visage masqué au moment où il s'apprêtait à prendre une photo, alors que le taureau était à terre après avoir reçu plusieurs coups de lance, et que plusieurs participants s'apprêtaient à l'achever à coups de dague. Les organisateurs avaient déployé une bâche devant l'animal pour empêcher les prises de vues.

Au moment où le journaliste a élevé son appareil pour tenter de saisir des images, ils ont frappé l'appareil de la main, en lui disant qu'ils ne le laisseraient pas prendre de photos. Le journaliste n'a pas signalé ces agressions et ces brimades, estimant que ça n'en valait pas la peine et que ça ne tirerait pas les choses au clair. Mais quand il a voulu à nouveau lever son appareil pour prendre le vainqueur du tournoi en photo, un jeune avec des lunettes noires et le visage masqué d'un foulard a donné un coup à son appareil, puis deux autres sont venus par derrière le pousser au sol et le frapper à coups de pieds. Il en garde des éraflures et des douleurs dorsales.

 

Tout ceci explique que nous manquons d'images de cet événement. Les photos prises par le PACMA (le parti espagnol des animaux) sont rares, et la vidéo qu'il a tournée (reprise faute de mieux par les médias) ne pouvait être que brouillonne, sauf à prendre le risque de se faire lyncher par les participants.

 

Des titres de la presse font référence à des affrontements entre participants et protestataires.

Mais y a-t-il eu des blessés ?

L'analyse attentive des comptes-rendus est sans ambiguïté :

- côté participants au tournoi, 4 blessés. Mais tous en voulant faire le malin avec le taureau.

- côté protestataires, des manifestants ont été malmenés, et une manifestante a été violemment atteinte par une pierre.

Reconnaissons aux défenseurs du Toro de la Vega une cohérence de comportements. La lapidation est une tradition très ancienne, et nul doute qu'elle mériterait à ce titre d'être inscrite au Patrimoine Culturel Immatériel de l'humanité.

 

Donc la similitude avec les manifestations anti-corrida est frappante, si l'on ose dire : les médias français font depuis quelques années régulièrement état de confrontations "violentes" entre partisans et opposants à la corrida, mais invariablement, les blessés ne sont que du côté des opposants (Rodilhan, Rion des Landes, Maubourguet, Céret, Millas…)

 

 

 

5 - Enfin, la personne chargée d'ouvrir les fêtes patronales de Tordesillas cette année n'était autre qu'André Viard.

Pour ceux qui l'ignorent encore, André Viard est le représentant auto-proclamé du petit monde de la corrida en France, président depuis 2008 de l'association de lobbying tauromachique pompeusement intitulée "Observatoire National des Cultures Taurines".

Le Toro de la Vega fait l'objet d'une telle réprobation en Espagne que ses organisateurs ont dû faire appel à un intervenant étranger pour prononcer le "pregón", le discours d'ouverture. Ils ont naturellement pensé à M Viard, qui saute sur toute occasion de se mettre en avant. Sur ce sujet, on pourra entre autres consulter l'excellent article du site de la FLAC.

 

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Ce choix confirme le lien étroit entre les corridas et cette pratique. Et si les corridas sont très contestées, cette pratique l'est à la puissance dix.

Cet engagement pour le Toro de la Vega discrédite encore plus l'Observatoire National des Cultures Taurines, et donc les corridas. D'ailleurs il serait intéressant d'interpeller les membres du conseil d'administration de l'ONCT sur ce qu'ils pensent de cette implication de leur président…

L'essentiel de ce discours était déjà sur son blog "Terres taurines" dès le 20 août.

On en trouvera quelques commentaires dans cet article.

Par Vétérinaires Anti Corrida - Publié dans : Événements
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Dimanche 10 août 2014 7 10 /08 /Août /2014 16:36

 

Deux ouvrages sont récemment parus pour dénoncer ce qu'est la corrida et son petit monde :


Corrida la honte, de Roger Lahana, éd du Puits du Roulle, mai 2014.

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Ni art ni culture, d'Isabelle Nail, éd Astobelarra, juin 2014.

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Leurs points communs ?

D'abord, les trajectoires de vie des auteurs les ont chacun menés à s'installer dans une ville taurine (Roger Lahana dans le Sud-Est à Nîmes, et Isabelle Nail dans le Sud-Ouest à Dax).

Ensuite, ce sont les excès et les manigances du petit monde de la corrida, à l'échelon local comme à l'échelon national, qui les ont conduits à passer du simple rejet de la corrida à l'engagement militant.

Soyons donc reconnaissants au petit monde de la corrida : il rallie à notre cause des esprits et des plumes de talent.

 

Roger Lahana (qui présente brièvement sa trajectoire ici) a commencé à vraiment s'investir dans la cause anticorrida suite à l'annonce en avril 2011 de l'inscription de la corrida à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel français.

Il s'est d'abord engagé sous le pseudonyme d'"Anna Galore", dans le cadre d'un blog en ligne depuis 2008. Puis il s'est impliqué dans une association anticorrida à partir de 2012 (le CRAC-Europe, dont le titre du livre reprend le slogan).

 

Isabelle Nail, praticienne de la psychologie analytique, avait d'abord été choquée par une corrida lors d'un passage à Arles. Puis elle s'est dans un second temps investie pour l'abolition de la corrida, à partir des municipales de 2008 à Dax, où elle intégra la liste des Verts. Elle adressa en 2009 aux élus un article questionnant le fait d'être "aficionado", puis entra en 2013 au Conseil municipal de Dax, où son engagement contre la corrida lui valut des ennuis croissants, ainsi qu'à ses collègues EELV Jean-MarieVignes et Sylvie Laulom. Le titre de son livre reprend un slogan ancien dans l'opposition à la corrida, en France comme dans les pays hispanophones ("Tortura : ni arte ni cultura").

 

Le livre de Roger Lahana commence par :

"Je vis à Nîmes, haut lieu de la corrida, depuis 1997. Jusqu'à début 2010, la corrida n'avait jamais été pour moi un sujet d'intérêt."

et il finit par :

"En vérité, je vous le dis, ils dépriment sérieusement, les aficionados.

Ça sent la fin."

 

Le livre d'Isabelle Nail commence par :

"Il serait sans doute juste de dire que rien ne me prédestinait à m'intéresser un jour au sort des 'taureaux de combat' ".

et il finit par :

"J'ai la conviction, en refermant mon livre, que la corrida fait partie des traditions indignes de l'homme et que la poignée de protestataires du début devient un ample mouvement destiné à grandir encore jusqu'au jour de l'abolition."

 

Ces deux ouvrages sont particulièrement précieux, car ils mélangent ce dont est fait l'esprit humain : des expériences personnelles et des réflexions théoriques.

Les styles sont différents : l'ouvrage de Roger Lahana donne volontiers dans l'ironie et le pamphlet, cependant que celui d'Isabelle Nail détaille la trajectoire personnelle et favorise l'analyse des points de vue.

Mais tous deux se basent sur des faits précis et des réflexions rigoureuses.

 

Tous deux font référence à des manifestations anti-corrida récentes, leur esprit, leurs répercussions…

Tous deux font référence de façon documentée aux mensonges, aux manigances, et aux outrances du petit monde de la corrida.

Tous deux font référence au fond historique dans lequel s'inscrit cette pratique, à l'attention éthique qu'on accorde à présent aux animaux, et à l'impact psychologique du spectacle de la corrida chez les mineurs (signalons que le livre d'Isabelle Nail est préfacé par le Pr Hubert Montagner, spécialiste de l'enfance).

 

Le livre de Roger Lahana apporte aussi des éclairages juridiques, fiscaux, et économiques sur la corrida.

Le livre d'Isabelle Nail apporte quant à lui aussi des éclairages sur la psychologie des aficionados, les trajectoires biographiques des toreros(-ras), et le symbolisme du taureau à travers les mythologies et les cultures.

 

On peut commander ces livres chez son libraire préféré, chez leurs éditeurs respectifs, sur Amazon… Signalons que Corrida la Honte est également accessible par les plateformes de téléchargement en version eBook, par exemple en format Kindle.

 

Ne vous en privez pas !

Par Vétérinaires Anti Corrida - Publié dans : Événements
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Dimanche 8 décembre 2013 7 08 /12 /Déc /2013 17:13


1) Le COVAC continue à croître


COVAC 

Nous avons passé le seuil des 1500 adhérents !

1500 vétérinaires français, 1500 professionnels diplômés du soin aux animaux, réclament que la corrida soit abolie dans le sud de la France, comme elle l'est dans le reste du pays.

 

Remercions toutes les consoeurs et tous les confrères qui se sont ainsi engagés !

 

Remercions les consoeurs et les confrères qui ont relayé notre appel. Que les adhérents qui nous lisent n'hésitent pas à proposer à leurs connaissances de nous rejoindre !

.

Et remercions les non-vétérinaires qui ont recueilli des adhésions, à commencer par Jacques Dary, militant de la première heure pour l'abolition de la corrida. Chacun peut proposer à son vétérinaire préféré d'adhérer en lui présentant ce document à signer et tamponner ! Et si le confrère peut y noter, ou nous envoyer via le site, son adresse mail, c'est encore mieux (elle restera confidentielle et ne servira que pour des actions ciblées).

N'oubliez pas de consulter auparavant la liste géographique des signataires ici.

 

 

2) Les nouvelles propositions de loi

   assemblee_senat.jpg

 

Parmi les diverses actualités de ces temps derniers, saluons le groupe écologiste de l'Assemblée Nationale, dont 8 des 17 membres ont déposé le 10 octobre dernier une nouvelle proposition de loi, élaborée en collaboration avec l’Alliance Anticorrida, afin que l'abolition de la corrida soit étendue à toute la France.

N'hésitons pas à solliciter les 9 élus écologistes qui ne l’ont pas encore signée, même si 4 de ceux-ci ont mandat dans des départements taurins (mais seul Christophe Cavard a une place taurine dans sa circonscription, et pas n’importe laquelle : celle de Nîmes). En effet, en tant que groupe minoritaire, le groupe écologiste dispose d'une journée de séances dont il peut fixer l'ordre du jour (c'est-à-dire y inscrire la discussion de propositions de loi). La journée dévolue au groupe écologiste pour la session 2013-2014 est le 23 janvier 2014. Nous sommes en décembre et l'ordre du jour a peut-être déjà été retenu, ce qui nous reporterait alors à la session 2014-2015.

 

Le député UMP Damien Meslot a également déposé une proposition le 6 novembre.

 

Et le 5 décembre, c'est à nouveau Geneviève Gaillard qui a redéposé une proposition, cosignée par 16 autres députés socialistes.

 

Du côté de la Haute Assemblée, le sénateur PS Roland Povinelli a également redéposé une proposition le 7 octobre avec trois de ses collègues, dont un sénateur des Bouches-du-Rhône comme lui (département taurin !), et un sénateur UMP (les incompatibilités politiques semblent moins catégoriques au Sénat qu’à l’Assemblée).

 

 

3) Les révélations de Frédéric Mitterrand

 

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Revenons sur l'inscription de la corrida à l'inventaire du Patrimoine culturel immatériel français, dont le monde tauromachique se gargarise sans relâche depuis son annonce en avril 2011.

 

Le ministère de la Culture avait déjà clairement précisé qu'elle n'avait aucune conséquence. En particulier dans sa réponse du 1er septembre 2011 aux questions écrites des sénateurs Roland Povinelli et Catherine Deroche, où on lisait notamment que cette inscription :

- "ne constitue en rien une forme de reconnaissance de la part de l'État, ni de promotion ou de mise en valeur particulière."

- "ne constitue aucune forme de protection juridique et reste sans influence sur les législations ou réglementations éventuellement applicables aux activités recensées."

- "n'ouvre droit à aucun concours financier de la part de l'État, notamment sous la forme d'une subvention."

- "ne constitue pas la première étape d'une procédure d'inscription au patrimoine culturel de l'Humanité, que le Gouvernement français n'entend pas soutenir auprès de l'UNESCO."

 

Cette réponse annonçait aussi la mise en place d'un Comité du patrimoine ethnologique et immatériel, visant à éviter le renouvellement d'une telle magouille, qui allait être créé par l'arrêté du 5 mars 2012, et dont le rôle et le fonctionnement allaient être précisés un an plus tard.

 

Mais à présent, l'ex-ministre de la Culture Frédéric Mitterrand nous en apprend de belles, dans son livre La récréation,  paru le 24 octobre dernier, "le livre d'un homme qui est redevenu lui-même"  selon ses propres termes.

C'est bien connu, les déclarations les plus intéressantes des hommes politiques sont celles qu'ils font après avoir quitté la vie politique. En l'occurrence, celles-ci confirment la totale disqualification de l'inscription de la corrida à l'inventaire du PCI.

 

Un communiqué du CRAC-Europe et de Droits des Animaux vient d'attirer l'attention sur deux pages de ce livre.

 

La page 408, où on lit notamment ;

"Dimanche 24 avril 2011.  Stupéfaction ! Une obscure commission du ministère dont je ne soupçonnais même pas l'existence vient d'inscrire la tauromachie au patrimoine immatériel de la France […] Mais la tauromachie n'est pas une tradition innocente et j'imagine le forcing auquel ont dû se livrer une poignée de fonctionnaires à consigner cette inscription."

 

Et la page 451, où on lit notamment :  

 "Jeudi 16 juin 2011. Le Premier ministre m'interpelle : "Qu'est-ce que c'est que cette histoire de tauromachie ? Qui sont ces gens qui s'agitent pour l'abolir ? C'est une tradition, tu ne trouveras pas un élu du Sud pour les soutenir. J’espère que tu ne vas pas retirer cette inscription au patrimoine ! Il ne faut pas que tu leur cèdes !  […]. — Débrouille-toi, tu ne retires pas l'inscription, tu ne cèdes rien.  […] — Tu ne changes rien, tu restes tranquille et tu ne bouges plus."

 

Notre actuelle ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, s'est déclarée choquée par le titre du livre de Frédéric Mitterrand : "Il faut un peu de respect pour la fonction.

Qu'elle ne s'inquiète pas : le ministère de la Culture a déjà bien compromis sa crédibilité avec cette inscription de la corrida.

Et, après tout, pourquoi s'offusquerait-elle des révélations de Frédéric Mitterrand sur une des fonctions du ministre de la Culture : l'art du Guignol ne fait-il pas partie du patrimoine culturel français ?

Par Vétérinaires Anti Corrida
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Jeudi 19 septembre 2013 4 19 /09 /Sep /2013 01:16

A Dax comme dans les autres arènes de première catégorie françaises, depuis maintenant des années, chaque festival taurin fait l’objet de protestations. Celles-ci peuvent prendre la forme d’un rassemblement sur place d’opposants à la corrida. C’était le cas cette année, le 8 septembre dernier. La manifestation comprenait beaucoup de Dacquois, dont trois élus municipaux : Isabelle Nail, Sylvie Laulom, et Jean-Marie Vignes, tous trois d’appartenance ou de sensibilité EELV. Les deux premières avaient déjà auparavant affiché leur opposition à la corrida malgré les pressions..

 

Le 13 septembre, le maire PS de Dax, Gabriel Bellocq, annonçait dans un communiqué que ces élu(e)s étaient exclu(e)s de la majorité municipale. Ceci au prétexte de quelques heurts en marge de la manifestation, laquelle ne devait pas approcher les arènes à moins de 500 m au terme d’un arrêté municipal.

Non seulement le prétexte fait sourire. Quiconque assiste à des rassemblements anti-corrida peut constater que la « violence » des opposants à la corrida, même si certains peuvent être virulents, n’a jamais provoqué ni dommages corporels ni dégâts matériels.

 

Bayonne, 1er septembre 1895 : le matador Mazzantini reconduit à la frontière espagnole


Mais M Bellocq est-il oublieux à ce point de l’histoire pour ne pas savoir que la corrida s’est imposée à Dax, comme dans le reste du Midi, contre la loi ? Et pas simplement en franchissant plus ou moins le périmètre imposé par un arrêté municipal, mais en s’opposant ouvertement aux commissaires de police, aux gendarmes, au préfet, au ministre de l’Intérieur, et au président du Conseil ?

 

Pourtant, la mairie fait actuellement la promotion d’une exposition, organisée au musée municipal Borda depuis le juillet 2013 et jusqu’en janvier 2014, sur le thème « Cultures taurines du Sud Ouest ». On y trouve, page 3 du livret de présentation, un chapitre à la gloire du maire qui s’opposa à la loi, intitulé « Le grand combat de Raphaël Milliès-Lacroix ».

En voici un extrait :

« En fait, le combat le plus dur s’est engagé dès 1894. Il est porté par Raphaël Milliès-Lacroix, maire de Dax. L’exposition illustre l’émeute qui se déclenche dans la cité thermale le 14 octobre : la foule s’oppose aux forces de l’ordre et parvient à faire combattre un taureau malgré l’interdiction. Les gendarmes interviennent dans l’arène. Le taureau s’échappe en ville. Les matadors Félix Robert et Paul Nassiet le poursuivent et parviennent à l’estoquer dans ce qui deviendra la rue du Toro. Le maire de Dax est révoqué, puis réélu triomphalement ».

 

Cet extrait fait référence à une escalade de la municipalité de Dax dans l’illégalité en 1894.


En septembre 1894, le ministre de l’Intérieur -et président du Conseil- émit une circulaire enjoignant aux préfets d’interdire les courses de taureaux avec mise à mort.

Mais le 6 octobre, le maire de Dax, Raphaël Milliès-Lacroix, prit délibérément un arrêté autorisant ce type de courses.

Le 9 octobre, le préfet des Landes prit donc, conformément aux instructions ministérielles, un arrêté interdisant ce type de courses dans le département. Précisons que le Conseil d’Etat allait en décembre 1897 donner raison au préfet. Et ce même 9 octobre, lors du Conseil des Ministres, le président de la République Casimir-Perier signa un décret révoquant le maire de Dax pour son arrêté illégal.

Cependant, le 14 octobre, la corrida illégale eut quand même lieu. Elle fut organisée plus tôt que prévu dans la journée, afin de prendre de court le commissaire et les gendarmes. D’où le désordre qui s’ensuivit, où par chance personne ne fut blessé, avec l’estocade ratée, le taureau qui prit la fuite, la course poursuite, et l’animal immobilisé et tué à coups de poignard dans la nuque par les toréadors dans les rues de la ville. Les gendarmes restèrent plusieurs jours dans la ville, pour disperser les attroupements.

 

Pourquoi cette obstination de la ville de Dax à organiser des courses à l’espagnole ? Etait-ce la culture de la région, était-ce l’ancienneté de la tradition ? Non, il s’agissait d’une pratique importée d’Espagne, et qui n’existait à Dax que depuis 1878, c’est-à-dire depuis une quinzaine d’années ! (et s’était en fait développée surtout depuis 1891).

En fait cet épisode eut lieu dans une époque de tension entre le pouvoir central (les ministères et les préfectures) et les pouvoirs locaux (maires). L’heure était aux affirmations des identités locales, et l’enjeu était simplement de résister aux ordres de Paris.

 

En conclusion, faut-il nier les identités locales ? Evidemment non. Chacun est attaché à l’endroit où il est né, ou à l’endroit où il s’est installé. L’identité territoriale est une des dimensions de l’identité tout court, même (peut-être « surtout ») à notre époque d’uniformisation et de mondialisation. Mais il ne faut pas se tromper de combat. L’identité territoriale ne doit pas se substituer à toute forme de réflexion.

Par Vétérinaires Anti Corrida - Publié dans : Événements
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