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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 23:46

  rafael-correa1.jpg

Rafael Correa, président de la République d'Équateur

 

Le 7 mai en Équateur, un vote populaire, dont le dépouillement vient de s'achever, comprenait une question sur les corridas. Cette question avait la particularité d'être posée pour chaque canton (plus de 220). La victoire du "oui" à l'abolition n'est pas totale, puisque les corridas vont persister dans quelques provinces du centre du pays, mais cette consultation populaire constitue une formidable avancée vers la fin de ces spectacles en Équateur.
 
 
Huit pays pratiquent régulièrement les corridas sanglantes dans le monde.
Trois en Europe : l'Espagne, la France et le Portugal.
Cinq en Amérique latine : le Mexique, le Vénézuéla, la Colombie, l'Équateur et le Pérou.
 
En Équateur, un vote a eu lieu le 7 mai à l'initiative du président Rafael Correa.

Dix questions ont été posées au peuple, cinq ayant trait à des amendements constitutionnels, relevant d'un "référendum", et cinq ayant trait à des questions d'intérêt général, relevant d'une "Consultation Populaire".

Parmi ces 5 dernières, la question n° 8 posait la question des corridas, sous la forme suivante :

"Approuvez-vous que le canton où vous résidez interdise les spectacles qui ont comme objectif de mettre un animal à mort ?"

 

Cette question pouvait apparaître comme bien secondaire par rapport à d'autres thèmes, comme les réformes de la justice ou la règlementation des médias. Pourtant, c'est sous la pression populaire que Rafael Correa l'avait insérée dans sa consultation et l'avait défendue. Et c'est une question qui a suscité des débats enflammés, preuve qu'elle a trait à des enjeux humains fondamentaux, ce que feint d'ignorer le ministère de la Culture français.

 

Le président Correa a gagné sa bataille : le décompte des votes des 11 millions d'électeurs (sur 14 millions d'habitants) s'est achevé le 19 mai au soir, et une majorité de "oui" l'a emporté sur les différentes questions. Par parenthèse, ce vote était obligatoire sous peine d'amende (sauf pour les plus de 65 ans), peut-être faudra-t-il en venir là en France...

 

La question 8 sur les corridas ne fait pas l'objet de résultats officiels nationaux, pour la raison qu'elle était posée canton par canton. L'Équateur comprend 24 provinces, à leur tour divisées en cantons, le nombre total de ceux-ci s'élevant à plus de 220.

En fait, l'analyse des résultats montre que dans une zone donnée, le "oui" ou le non" l'emporte généralement pour l'ensemble des questions. Cette consultation avait valeur plébiscitaire, au sens de vote de confiance. Ce qui fait que le "oui" à la suppression des corridas se retrouve dans les cantons où le "oui" l'emporte pour les autres questions, et inversement (à l'exception du canton de Valencia).


ecuador.jpg

L'analyse des résultats est la suivante. L'Équateur comprend 3 grandes régions : d'Est en Ouest, ce sont la région amazonienne, la région andine, et la région littorale. Vient s'y ajouter l'archipel des Galapagos.

 

Les 6 provinces amazoniennes (Est) sont plutôt opposées au président Correa, et ont voté "non" à la suppression des corridas (36 cantons sur 41). La population y est peu dense (489 000 électeurs) et les arènes très rares. 

 
Les 7 provinces littorales (Ouest), et leurs 5 630 000 électeurs, sont plutôt favorables au président Correa, et ont voté "oui" à la suppression des corridas (81 cantons sur 86). La province de Guayas, la plus peuplée avec 2 600 000 électeurs, a voté en bloc pour la suppression des corridas, notamment le canton de Guayaquil, le plus peuplé du pays avec 1 730 000 électeurs, même si les arènes de la ville de Guayaquil recrutent peu en proportion.
Notons l'exception, unique dans le pays, du canton de Valencia dans la province de Los Rios, qui a voté massivement "oui" aux autres questions du président Correa, mais a répondu "non" à la question sur la corrida. La place taurine de Valencia est proche de la province taurine de Cotopaxi.
 
Les 10 provinces andines (Centre), et leurs 4 800 000 électeurs, sont partagées :

Du côté du "oui" à l'abolition :
- La province de Pinchincha, deuxième du pays avec près de deux millions d'électeurs (1 940 000), a massivement voté pour la suppression des corridas (sauf 1 canton sur 8, celui de Mejía, 53 000 électeurs). Est notamment concerné le canton de Quito (1 710 000 électeurs), avec la capitale Quito et sa future ex-Feria del Jesús del Gran Poder (novembre-décembre), l'une des plus importantes d'Amérique du sud, où 54 taureaux (9 corridas) étaient massacrés dans la plus grande arène du pays. Il existe également d'autres arènes dans le canton de Quito, et d'autres arènes dans d'autres cantons (Rumiñahui, Cayambe) de la province de Pinchinza.
- La province d'Azuay (581 000 électeurs) a voté "oui" à l'exception de 3 cantons représentant 32 000 électeurs). Le canton de Cuenca et ses 404 000 électeurs, et son arène de Cuenca (3ème ville d'Équateur), a notamment voté "oui".
- La province d'Imbaburra a voté "oui" à l'unanimité de ses cantons (320 000 électeurs), notamment le canton d'Ibarra (144 000 électeurs) et son arène.
- La majorité des cantons de la province de Cañar a voté contre la suppression, mais la place taurine de cette province est dans le canton d'El Tambo, qui a voté pour.
 
Du côté du "non" :
Les autres provinces andines ont voté "non" à la suppression des corridas :  Tungurahua (411 000 électeurs),  Chimborazo (390 000 électeurs, à l'exception du petit canton de Cumandá), Cotopaxi (320 000), Bolívar (150 000), ainsi que la majorité des cantons des provinces de Loja (360 000) et de Carchi (136 000).

Les provinces de Tungurahua (et sa Feria de Nuestra Señora de la Merced à Ambato), Chimborazo (et sa Feria del Señor del Buen Suceso à Riobamba), et Cotopaxi, sont des provinces taurines, et le resteront donc pour l'instant. Ces trois provinces du centre du pays constitueront, en attendant la disparition des corridas, une "exception" malencontreuse par rapport au reste du pays, un peu à l'instar des zones taurines du sud de la France. Il n'en reste pas moins que cette consultation populaire constitue une avancée majeure vers l'abolition des corridas en Équateur.

 

charles darwin
 
 
 
Notons que l'archipel des Galapagos, province insulaire de l'Équateur, a voté "oui" à la suppression des corridas. Ces îles sont passées à la postérité grâce aux études qu'y a effectuées Charles Darwin en 1835. Rappelons que son ouvrage fondateur, "L'Origine des espèces", qui documente la continuité entre les êtres vivants, a été publié en 1859, six ans après l'introduction des corridas en France.

 

 

Faut-il craindre que la formulation de la question (interdire "les spectacles qui ont comme objectif de mettre un animal à mort") donne lieu à des corridas sans mise à mort ? Les taurins psalmodient sans relâche que la mise à mort doit impérativement conclure le soi-disant affrontement entre l'homme et la bête. D'ailleurs, il y a tout simplement lieu de penser que le public équatorien bouderait des corridas sans "tercio de mort", comme il bouderait les corridas à la portugaise. Ainsi, la municipalité de Cuenca, troisième ville d'Équateur, avait déjà interdit la mise à mort publique des taureaux en 2004 : de ce fait les corridas y ont périclité.


Les résultats de ce vote prendront probablement effet dans les mois qui viennent, une fois que les éventuelles procédures contentieuses seront épuisées.

 

La capitale de l'Équateur, Quito, a une particularité : c'est la première ville à avoir été classée sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO, le 18 septembre 1978.
Un mois plus tard, le 15 octobre 1978, c'est à la Maison de l'UNESCO, à Paris, que la Ligue Internationale des Droits de l'Animal proclamait la Déclaration Universelle des Droits de l'Animal.

Il y a des hasards, comme ça, qui résonnent avec une certaine actualité...

Fréd Mitt

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture

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Published by Vétérinaires Anti Corrida - dans Événements
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commentaires

REMI FAUCONNET 16/07/2011 12:19


Le nom de MITERRAND était jusqu'a présent attaché à la suppréssion de la peine de mort; par la grace de l'ineffable neveu il devient synonyme dorénavant d'exécution mortelle et de plus précédée
d'actes de torture et de barbarie !!! Les nazillons ont encore un bel avenir....

R.FAUCONNET


Dubost Deplanque 01/06/2011 23:02


Je suis tellement outrée et honteuse d'être française que nous boycottons totalement le gouvernement et le ministre de la culture actuels et en souhaitant ardemment qu'il ne soit plus jamais
réélus.

Par contre toutes nos félicitations aux vétérinaires abolitionnistes et aux députées et députés qui soutiennent les abolitionnistes.
Monsieur Viard peut nous prendre pour des "talibans" et bien je préfère ce titre à tous ces viandards et bourreaux qui se réjouissent de la mort d'un animal innocent.
Prenons plutôt exemple sur des peuples conscients et sachant faire la différence entre le bien et le mal
Merci chers défenseurs et respectueux de la vie sur Terre
Merci à votre mouvement et continuons malgré tout à nous faire entendre.


Joelle Oldenbourg 26/05/2011 16:18


Bonjour,
Ci-joint extrait du courrier de M. Jean AUDOUZE en réponse au dossier adressé à l'Unesco et à la Culture par Katherine Bourliascos et moi-même au nom des organisations signataires de notre charte
éthique et de notre pétition au Parlement européen.
"Ce projet n'est ni inscrit sur les listes indicatives établies par le ministère de la culture et de la communication ni sur les listes de l'Unesco et je crois pouvoir vous dire qu'elle ne le sera
pas dans l'avenir puisqu' il contrevient aux conventions nationales et internationales relatives aux droits des animaux."
Jean AUDOUZE.

http://pression-ethique-anti-corrida-europe.over-blog.com/article-esperpentico-m-jean-audouze-repond-au-courrier-de-gee-74765706.html

Nous avions repris dans ce dossier l'excellent argument de notre ami de lutte pour l'abolition des corridas, le Dr.Jean-Paul Richier que nous remercions ici pour sa présence attentive et sa
perspicacité.

Nous préparons une réponse à M. Audouze. Il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu - si tant est que... - pour des canards sauvages !

à samedi. Continuons à mettre la pression pour que cet esperpentique incident mobilise encore plus de Français contre cette pratique arriérée et la complicité de nos dirigeants.

Merci à votre mouvement,
cordialement,
Joëlle Oldenbourg


vincent 26/05/2011 12:07


La mutilation post mortem du taureau persécuté, pour offrir un "trophée" au matador qui parade ensuite sous les acclamations avec ces lamentables attributs sanguinolents, est à inscrire au
patrimoine de la culture de la barbarie...


Galloo 26/05/2011 04:10


Je viens d'écouter l' interview de Frédéric Miterrand sur le site veto anti corrida .Dans le faux cul et la langue de bois il est difficile de le surpasser.Il faut attendre et
réfléchir, on verra,c'est un sujet très intéressant.Si intéressant que l'on compare la souffrance animale à une fest noz ,une tarte tatin,des reliquaires du Limousin enfin à un inventaire à la
Prévert,le raton laveur ne participe pas encore aux corridas...Super le gaulliste social neveu de l'arsouille comme l'appelait le Général.


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