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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 22:21

  univ valenceuniv val faculté sciences      

En avril 2010, la Faculté de Sciences biologiques de l'Université de Valence a pris position contre la corrida

 

Le 19 avril dernier, dans la « guerre civile » qui secoue actuellement l'Espagne autour de la « fiesta nacional », l'organe décisionnel de la Faculté de Sciences biologiques de Valence a rendu publique une prise de position contre la corrida.

L'Université de Valence est l'une des plus anciennes et des plus importantes d'Espagne.

Valence, capitale de la Communauté valencienne (situé au sud de la Catalogne, et également de langue catalane) est la troisième ville d'Espagne.

 

On peut lire cette déclaration sur le site de l'Université.

Elle a fait l'objet d'une dépêche de l'agence de presse EFE, qu'on peut retrouver ici.

Et ABC, 3ème quotidien d'Espagne (pourtant le plus réactionnaire et le plus pro-taurin) y a consacré un article.

 

Cette prise de position de la Faculté des Sciences biologiques de Valence venait en réponse à la proposition de la Generalitat Valenciana (les institutions autonomes de gouvernement) de déclarer la corrida « Bien d'intérêt culturel » pour la protéger.

 

On peut lire la traduction française de cette déclaration exemplaire dans la livraison de juillet (n°66, p 14) de la revue trimestrielle de la fondation Droit animal, Ethique & Sciences (mieux connue sous son ancienne appellation fondation Ligue Française des Droits de l'Animal (LFDA)  :


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Le débat à propos des courses de taureaux et autres spectacles taurins – portant sur le point de savoir si ces courses et spectacles constituent un patrimoine culturel à préserver ou une intolérable cruauté – est chaque fois plus présent dans la société espagnole.
La Généralité de Valence a émis une proposition visant à déclarer les festivités taurines comme ayant le caractère de « bien d’intérêt culturel » (BIC). À la suite de cette proposition, la faculté des sciences biologiques de l’université de Valence, se fondant sur la conviction que l’Université et la société doivent agir ensemble, désire publier la déclaration suivante qui combine la connaissance scientifique et les critères éthiques généraux.


Il existe une sensibilité croissante à l’égard des problèmes éthiques qui déterminent notre relation avec les autres êtres vivants et spécialement avec les animaux nonhumains.
Cette nouvelle vision des relations homme-animal résulte pour une large part d’une meilleure connaissance de la biologie des espèces considérées. Les études du comportement, des capacités cognitives et du système nerveux des animaux ont établi manifestement une continuité évolutive entre l’homme et les autres animaux beaucoup plus importante que ce que suggérait la conception traditionnelle dominante dans notre culture. Une conception qui était basée sur la croyance d’une discontinuité radicale, voire d’une opposition, entre l’être humain et le reste des animaux.


La biologie animale a démontré que les animaux possèdent des systèmes particuliers pour la perception des stimulations nocives et que cette perception s’accompagne d’une intense et désagréable composante affective. Par exemple, les recherches sur l’efficacité de médicaments analgésiques ou de traitements palliatifs de la douleur chez les humains sont utilisés pour l’expérimentation animale, en se basant justement sur l’idée de l’étroite affinité entre les humains et les animaux d’expérimentation. Dès lors, la conclusion à laquelle ces observations aboutissent est que les taureaux ressentent la douleur, le stress et la souffrance avec des caractéristiques semblables à celles ressenties par les êtres humains. De fait, la législation de l’Union européenne reconnaît explicitement que les animaux sont des êtres sensibles et pose comme objectif « d’éviter aux animaux toute douleur ou souffrance non nécessaire ». Pour atteindre cet objectif, des normes spécifiques ont été mises au point sur l’élevage, les conditions de vie des animaux de ferme, les animaleries, les zoos, sur le  transport des animaux, leur abattage pour la consommation et sur l’usage de l’expérimentation.


Le patrimoine traditionnel d’une société est un bien à préserver tant qu’il n’existe pas une meilleure raison qui justifierait son extinction. Les traditions changent et des pratiques considérées comme acceptables il y a à peine quelques années sont actuellement illégales ou sont considérées comme éthiquement inacceptables. Il y a d’innombrables exemples de ces changements dans toutes les sociétés, incluant la société espagnole. Même en dehors de considérations scientifiques, la société devrait réfléchir sur le point de savoir si un spectacle dans lequel la violence sur un être vivant constitue l’aspect essentiel, outre d’autres éléments, est un bien culturel à préserver et à transmettre aux générations futures. Il existe en tout cas, une obligation de cohérence entre les institutions de la société espagnole et les avis des universités. Les universités et les centres de recherche possèdent des comités d’éthique pour garantir des protocoles de recherche et d’enseignement adaptés à la législation existante.
Ainsi devons-nous réaliser un double objectif : éviter la douleur animale et transmettre aux nouvelles générations des valeurs exemptes de cruauté. De plus, la maltraitance des animaux est en opposition avec les valeurs de respect et d’admiration pour la nature que nous voulons transmettre à nos étudiants.


C’est pourquoi, la faculté des sciences biologiques de l’université de Valence manifeste sa position contre les courses de taureaux et autres spectacles dans lesquels se pratiquent de mauvais traitements aux animaux, et contre le fait de vouloir les considérer comme « biens d’intérêt culturel ».


L’université de Valence appelle les autres facultés de biologie et facultés vétérinaires de toute l’Espagne, à adopter cette position.

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Published by Vétérinaires Anti Corrida
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