Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 22:23

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Le Parlement catalan doit se prononcer demain mercredi 28 juillet sur l'abolition des corridas en Catalogne espagnole. Il y a de très fortes chances pour que l'abolition l'emporte.
 
La Faculté de Sciences biologiques de Valence avait rendu publique en avril dernier une déclaration contre la corrida (cf autre article de ce jour).

De nombreux professionnels et universitaires de plusieurs pays (dont la France) dans les domaines des sciences sociales, humaines, médicales et juridiques, ont également alerté les parlementaires catalans sur les liens entre la violence envers les animaux et la violence envers les hommes (cf encore un autre article de ce jour).
 
Les vétérinaires ne sont pas en reste.

L'AVAT  (Asociación de Veterinarios Abolicionistas de la Tauromaquia) fait connaître depuis deux ans son point de vue en Espagne. Son vice-président, José Enrique Zaldívar, est intervenu devant le Parlement catalan en mars dernier.

La Humane Society Veterinary Medical Association (HSVMA) est une association de vétérinaires américains impliqués dans le bien-être animal. Elle a adressé voici quelques jours un courrier aux députés catalans, en association avec d'autres autorités de la médecine vétérinaire (dont Jean-François Courreau, un des initiateurs de notre collectif) et de l’éthique animale. Il y est rappelé que les taureaux souffrent tout au long de la corrida, puisque cette évidence semble échapper à certains.

En voici la traduction française :

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Le 21 juillet 2010

Distingués membres du Parlement de Catalogne
 
Nous pensons que les taureaux de combat sont peu différents des autres races de bétail domestique (Bos Taurus L.) et, par conséquent, qu'ils sont capables d'éprouver de la douleur et de souffrir. La douleur, cette sensation associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle qui provoque une expérience sensitive et affective déplaisante, est un signal avertissant qu'une lésion est survenue ou peut survenir, et modifie les réponses physiques et comportementales en vue de soulager cette perception (Mellor et al., 2000). C'est un signal biologique adaptatif essentiel pour la survie.
 
La corrida est une épreuve brutale. Durant ce spectacle, les picadors et les banderillos transpercent la peau et le muscle du taureau avec des lances et des banderilles, qui sont enfoncés dans le cou et le garrot. Ces instruments provoquent des saignements et le taureau réagit à la douleur. Les récepteurs à la douleur sont abondants dans la peau et les muscles. La corrida ne s'achève que lorsque le taureau a été épuisé par la perte de sang et la douleur.
 
Les preuves montrant que les bovins  sont capables d’éprouver de la douleur et de la souffrance sont indiscutables (Benson, 2004). Des nombreuses études montrent que des interventions comme la castration (Fell et al., 1986; Robertson et al., 1994; Obritzhauser et al., 1998; Fisher et al., 2001; Early and Crowe, 2002; Stafford and Mellor, 2005a; González et al., 2010), l'écornage (Taschke and Folsch, 1997; Stafford and Mellor 2005b; McMeekan et al., 1998; Mellor and Stafford 1999; Graf and Senn, 1999; Grondahl-Nielsen et al., 1999; Faulkner and Weary, 2000) et le marquage (Lay et al., 1992a; Lay et al., 1992b; Schwartzkopf et al., 1997) sont extrêmement douloureuses. Il y a aussi des preuves sérieuses attestant que les bovins peuvent  souffrir de façons autres que physique, comme de la peur (Price and Wallach, 1990; Boissy and LeNeindre, 1997; Grignard et al., 2001).
 
Des rapports antérieurs, publiés dans la littérature scientifique, se montrent très sceptiques quant à l'argument selon lequel les taureaux ne ressentent pas de douleur durant une corrida (e.g. Ödberg, 1992). La douleur peut être un préalable nécessaire pour stimuler l'agression chez le taureau (Ödberg, 1992). Un taureau doit être tourmenté et provoqué, afin de fournir au matador un "bon" combat, et même si le stress inhibait la douleur durant la corrida, ceci pose la question éthique de l'acceptablité de substituer une forme de souffrance à une autre. Il n'est pas éthiquement acceptable d'infliger de graves lésions tissulaires à un animal, et d'arguer que la douleur éprouvée sera moins sévère parce que l'animal a été tourmenté et rendu furieux auparavant.
 
L'affirmation selon laquelle la perception de la douleur peut être contre-sélectionnée dans certaines lignées animales est une assertion très grave, puisqu'une affirmation erronée conduirait sans aucun doute à une importante souffrance animale. Pour produire un animal qui serait insensible à la douleur, il faudrait mesurer spécifiquement la sensibilité à la douleur chez la progéniture après chaque accouplement, une procédure hautement improbable dans le cadre des programmes concernant les taureaux de combat. Valider l'hypothèse selon laquelle la sensation douloureuse a été réduite supposerait une investigation expérimentale considérable, d'autant plus que la grande majorité des études sur la douleur chez les bovins suggère le contraire. Le travail du Dr Illera et de ses collaborateurs mettant en doute la douleur durant les corridas n'est encore paru dans aucune revue internationale reconnue, où il aurait été soumis à une revue critique de ses pairs, et vu le manque de précisions dans ses articles jusqu'à présent, l'examen de sa méthodologie est impossible. Ce travail n'a pas la consistance requise pour servir de base à quelque décision parlementaire que ce soit sur les corridas.
 
Nous ne pouvons que rester sceptiques, et pensons au contraire que les taureaux de combat comme les autres bovins éprouvent de la douleur et souffrent dans l'arène. Notre opinion est basée sur les faits scientifiques irréfutables procurés par l’anatomie, la physiologie et la neurologie concernant les récepteurs à la douleur présents dans la peau et dans les muscles des bovins. La durée moyenne pour qu'un taureau soit tué dans une arène est de plus de 20 minutes. La peur, l'agressivité et la fureur ne peuvent pas neutraliser ces récepteurs à la douleur sur une telle durée. Le taureau est sujet à une douleur aiguë continue provoquée par les blessures dues aux piques et aux banderilles durant la corrida. Par conséquent, les récepteurs à la douleur sont constamment stimulés.
 
Sincèrement
 
 
Dr. Gary Block DVM, MS, DACVIM, Past President Rhode Island Veterinary Medical Association
 
Dr. Holly Cheever, DVM, HSVMA Leadership Council member
 
Prof. Jean-François Courreau, DVM, Phd, Alfort Veterinary Medicine, Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort, France
 
Dr. Nicholas Dodman, DVM, Professor, Department of Clinical Sciences, Tufts Cummings School of Veterinary Medicine
 
Dr. Ian Duncan, Ph.D., Emeritus Chair in Animal Welfare, University of Guelph
 
Dr. Andrew Knight BSc., BVMS, CertAW, MRCVS, Veterinary Fellow, Oxford Centre for Animal Ethics, UK
 
Dr. Peggy Larson, DVM, bovine practitioner
 
Dr. Jim Reynolds, DVM, MPVM, bovine practitioner
 
Dr. Bernard E. Rollin, Professor of Philosophy, Professor of Animal Sciences, Professor of Biomedical Sciences, University Bioethicist, Colorado State University
 
Dr. Sara Shields, Ph.D., animal behavior and welfare consultant, Humane Society International

cc: General Council of Veterinary Schools of Spain, Veterinary Councils of the Autonomous Communities, and the Councils of Provincial Veterinary Schools 
 
 
REFERENCES 
 
Benson, G.J., 2004. Pain in farm animals: Nature, recognition, and management. In: The Well-Being of Farm Animals: Challenges and Solutions (Eds G.J. Benson and B.E. Rollin). Blackwell Publishing, Ames, Iowa, pp. 61-84.
 
Boissy, A. and LeNeindre, P. 1997. Behavioural, cardiac and cortisol responses to brief peer separation and reunion in cattle. Physiology and Behaviour, 61: 693.
 
Early, B. and Crowe, M.A. 2002. Effects of ketoprofen alone or in combination with local anesthesia during castration of bull calves on plasma cortisol, immunological and inflammatory responses. Journal of Animal Science, 80: 1044.
 
Faulkner, P.M. and Weary, D.M. 2000. Reducing pain after dehorning in dairy calves. Journal of Dairy Science, 83: 2037.
 
Fell, L.R., Wells, R. and Shutt, D.A. 1986. Stress in calves castrated surgically or by the application of rubber rings. Australian Veterinary Journal, 63: 16.
 
Fisher, A.D., Knight, T.W., Cosgrove, G.P., Death, A.F., Anderson, C.B.,  Duganzich, D.M. and Matthews, L.R. 2001. Effects of surgical or banding castration on stress responses and behaviour of bulls. Australian Veterinary Journal, 79: 279.
 
Graf, B. and Senn, M. 1999. Behavioural and physiological responses of calves to dehorning by heat cauterization with or without local anaesthesia. Applied Animal Behavior Science, 62(2/3): 153.
 
Grignard, L., Boivin, X., Boissy, A. and LeNeindre, P. 2001. Do beef cattle react consistently to different handling situations. Applied Animal Behaviour Science, 71: 263.
 
Grondahl-Nielsen, C., Simonsen, H.B., Lund, J.D. and Hesselholt, M. 1999. Behavioural, endocrine and cardiac responses in young calves undergoing dehorning without and with use of sedation and analgesia. Veterinary Journal, 158(1): 14.
 
González L.A., Schwartzkopf-Genswein, K.S., Caulkett, N.A., et al. 2010. Pain mitigation after band castration of beef calves and its effects on performance, behavior, Escherichia coli, and salivary cortisol. Journal of Animal Science, 88(2): 802.
 
Lay, D.C,. Friend, T.H., Randel, R.D., Bowers, C.L., Grissom, K.K. and Jenkins, O.C. 1992a. Behavioral and physiological effects of freeze or hot-iron branding on crossbred cattle. Journal of Animal Science, 70: 330.
 
Lay, D.C., Friend, T.H., Bowers, C.L., Grissom, K.K. and Jenkins, O.C. 1992b. A comparative physiological and behavioral study of freeze and hot-iron branding using dairy cows. Journal of Animal Science, 70: 121.
 
McMeekan, C.M., Mellor, D.J., Stafford, K.J., Bruce, R.A., Ward, R.N. and Gregory, N.G., 1998. Effects of local anesthesia of 4 to 8 hours duration on the acute cortisol response to scoop dehorning in calves. Australian Veterinary Journal, 76: 281.
 
Mellor, D. and Stafford, K. 1999. Assessing and minimizing the distress caused by painful husbandry procedures in ruminants. In Practice, 21(8): 436.
 
Mellor, D.J., Cook, C.J., and Stafford, K.J. 2000. Quantifying some responses to pain as a stressor. In: The Biology of Animal Stress (Eds G.P. Moberg and J.A. Mench). CAB International, U.K., pp. 171-98).
 
Obritzhauser, W., Deutz, A. and Kofer, J. 1998. Comparison of two castration methods in cattle: plasma cortisol levels, leukocyte count and behavioural changes. Tierartzl Prax, 26: 119.
 
Ödberg, F.O. 1992. Bullfighting and animal welfare. Animal Welfare, 1(1): 3.
 
Price, E.O. and Wallach, S.J.R. 1990. Physical isolation of hand reared Hereford bulls increases their aggressiveness towards humans. Applied Animal Behaviour Science, 27: 263.
 
Robertson, I.S., Kent, J.E. and Molony, V. 1994. Effect of different methods of castration on behaviour and plasma cortisol in calves of three ages. Research in Veterinary Science, 56: 8.
 
Schwartzkopf, K.S., Stookey, J.M. and Welford, R. 1997. Behavior of cattle during hot-iron and freeze branding and the effects on subsequent handling ease. Journal of Animal Science, 75: 2064.
 
Stafford, K.J. and Mellor, D.J. 2005a. The welfare significance of the castration of cattle: a review. New Zealand Veterinary Journal, 53(5): 271.
 
Stafford, K.J. and Mellor, D.J. 2005b. Dehorning and disbudding distress and its alleviation in calves. The Veterinary Journal, 169: 337.
 
Taschke, A.C. and Folsch, D.W. 1997. Ethological, physiological and histological aspects of pain and stress in cattle when being dehorned. Tierartzl Prax, 25: 19.

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Par Vétérinaires Anti Corrida
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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 22:22


ojo del toro Fr

 

 

Le Parlement catalan doit se prononcer demain 28 juillet sur la suppression des corridas en Catalogne.

 

Les violences envers les animaux comme celles des corridas constituent en elles-mêmes, à notre époque et dans nos sociétés, des pratiques éthiquement inacceptables. Mais de plus, ces vingt dernières années, une masse croissante de travaux, notamment d'origine anglosaxonne, est venue documenter le lien entre la violence envers les animaux et la violence envers les humains.

 

C'est ainsi que Kenneth Shapiro, psychologue américain renommé pour son implication dans ce domaine, et rédacteur en chef de la revue Society & Animals, a rédigé une lettre pour attirer l'attention des députés catalans sur cet aspect.

 

275 professionnels et universitaires de plusieurs pays (dont la France) dans les domaines des sciences sociales, humaines, médicales et juridiques ont co-signé cette lettre. On pourra en consulter la liste sur le site du collectif "PROU", qui a mené à bien l'Initiative Législative Populaire ayant abouti au vote de demain.

 

En voici la traduction française :

 

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Distingués membres du Parlement catalan,

 

Nous avons appris que le Parlement va examiner une Initiative Législative Populaire qui modifierait et renforcerait un article de la Loi sur la Protection des Animaux en Catalogne.

 

Nous vous écrivons respectueusement en espérant que vous trouverez nos remarques utiles au moment de débattre de cette importante décision. En tant que chercheurs, psychologues, sociologues, criminologues, professionnels du droit, et professionnels des services de protection de la personne, nous nous sentons concernés par la contribution que la question de la maltraitance animale peut apporter à celle de la violence envers les humains.

 

Un ensemble significatif de recherches démontre que la maltraitance animale est étroitement reliée à la violence conjugale, aux mauvais traitements envers les enfants, et à d'autres formes de violences interpersonnelles, toutes choses que la société a grand intérêt à prévenir. La prudence et la précaution demanderaient une action législative qui tienne compte de ce lien.

 

Les personnes qui maltraitent les animaux sont plus portées à être violentes envers les autres et à commettre des infractions dans la vie quotidienne. Une étude approfondie (Arluke et al, Journal of Interpersonal Violence, 1999) a montré que les personnes maltraitant les animaux risquent cinq fois plus de commettre des infractions violentes, telles que des agressions, des viols ou des meurtres ; quatre fois plus de commettre des atteintes à la propriété ; et trois fois plus de commettre des infractions liées aux stupéfiants. La recherche montre également un lien particulièrement important entre la maltraitance envers les animaux et la violence domestique. Les responsables de violences envers les animaux risquent davantage de maltraiter leur conjoint ou leurs enfants.

 

A l'évidence, la violence demeure la violence, quelle qu'en soit la victime. Les personnes qui y recourent dans leurs rapports avec les animaux ont tendance à agir de même dans leurs relations avec leurs semblables. Que ce soit envers un animal ou un être humain, les auteurs de ce type d'actes utilisent la force et le pouvoir de la violence pour dominer et contrôler les autres.

 

Ce que certains d'entre vous ignorent peut-être, c'est qu'en plus du lien entre les mauvais traitements sur les animaux et la violence interpersonnelle, la confrontation directe à des mauvais traitements sur des animaux peut aussi conduire à un futur comportement violent envers les êtres humains. Des recherches récentes montrent, et il est important de le comprendre, que le simple fait d'assister à des mauvais traitements sur des animaux perpétue le cycle de la violence par des mécanismes de désensibilisation et d'imitation de modèles.

 

Les plus jeunes en particulier, qui sont témoins de manière récurrente de maltraitances animales, pourraient “apprendre” à utiliser la violence dans leurs relations personnelles.

 

Etant donné le solide faisceau de résultats reliant maltraitance animale et violence envers les humains, de nombreux gouvernements ont pris des mesures pour renforcer la législation sur la protection des animaux et son application ; et des structures publiques ont adopté dans plusieurs pays une politique basée sur ces constatations. Par exemple, plusieurs juridictions aux Etats-Unis ont institué un signalement croisé et une formation croisée entre services sociaux et organisations de protection animale. De plus, le Federal Bureau of Investigation (FBI) utilise des informations sur les mauvais traitements envers les animaux pour aider à la recherche et l'identification d'auteurs de violences. L'utilité de signaler les cas de maltraitance animale a été enseignée aux travailleurs sociaux, et les policiers ont été entraînés à rechercher des signes de violence envers les enfants et les femmes lorsqu'ils enquêtent sur les cas de maltraitance animale. Plus récemment, des services de protection de l'enfance, des foyers d'accueil pour femmes et des services de police municipaux ont commencé à collaborer avec des vétérinaires et d'autres services impliqués dans les soins aux animaux ; les signalements de maltraitances d'animaux sont utilisés comme indicateurs de foyers où pourraient se trouver des enfants maltraités ou des femmes battues.

 

En ce qui concerne directement la pratique de la corrida, les sociétés diffèrent dans leurs coutumes et leurs lois dans ce qu'elles considèrent être (et ce qu'elles ont considéré être à une période de leur histoire) de la maltraitance animale. La corrida est l'une des nombreuses pratiques de plus en plus souvent remises en question dans des pays et des régions où elle a été autrefois populaire.

 

De notre point de vue, il est clair que la corrida présente les principales caractéristiques de ces formes de maltraitance animale qu'on a trouvé associées à la violence envers les humains. Force, pouvoir, domination et contrôle de l'autre sont toutes des composantes de la corrida. La sévérité des tourments infligés aux animaux est également une variable importante qu'il faut prendre en compte. Le fait de blesser de façon lente et ritualisée les taureaux, porté à un point culminant avec leur mise à mort, est comparable aux cas de sévices graves ou flagrants.

 

Nous sommes particulièrement préoccupés par l'impact que peut avoir la corrida sur le public. Les jeunes, qui sont témoins de ces blessures répétées et de la mise à mort finale des taureaux devant un public enthousiaste, sont impressionnables, et d'autant plus aptes à intégrer qu'il est acceptable d'imposer par la violence son pouvoir et sa domination sur des créatures vulnérables, que celles-ci soient des animaux ou des personnes.

 

Même si les personnes impliquées dans les mauvais traitements sur des animaux ne sont pas toutes violentes envers les humains, et même si beaucoup d'auteurs ou de témoins de mauvais traitements sur des animaux ne deviennent pas violents envers les humains, la relation entre la maltraitance animale et la violence sur les personnes ne peut pas être ignorée. La maltraitance animale est un sérieux problème de société, avec des implications importantes concernant le bien-être humain. Il apparaît de plus en plus clairement qu'un monde dans lequel elle n'est pas controlée est également un monde moins sûr pour l'homme. Des législateurs responsables se montreraient avisés en prenant en considération l'évidence croissante du lien entre ces deux formes de violence et de maltraitance.

 

En conclusion, à la lumière du lien établi entre la violence envers les animaux et celle envers les humains, nous nous joignons en tant que scientifiques, intellectuels, et professionnels des services de protection de la personne du monde entier, pour vous demander respectueusement de soutenir l'Initiative Législative Populaire, et d'interdire les corridas.

 

 

Avec nos salutations respectueuses,

 

Kenneth Shapiro, docteur en psychologie

 

Rédacteur en chef de la revue Society and Animals

 

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Par Vétérinaires Anti Corrida
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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 22:21

  univ valence univ val faculté sciences      

En avril 2010, la Faculté de Sciences biologiques de l'Université de Valence a pris position contre la corrida

 

Le 19 avril dernier, dans la « guerre civile » qui secoue actuellement l'Espagne autour de la « fiesta nacional », l'organe décisionnel de la Faculté de Sciences biologiques de Valence a rendu publique une prise de position contre la corrida.

L'Université de Valence est l'une des plus anciennes et des plus importantes d'Espagne.

Valence, capitale de la Communauté valencienne (situé au sud de la Catalogne, et également de langue catalane) est la troisième ville d'Espagne.

 

On peut lire cette déclaration sur le site de l'Université.

Elle a fait l'objet d'une dépêche de l'agence de presse EFE, qu'on peut retrouver ici.

Et ABC, 3ème quotidien d'Espagne (pourtant le plus réactionnaire et le plus pro-taurin) y a consacré un article.

 

Cette prise de position de la Faculté des Sciences biologiques de Valence venait en réponse à la proposition de la Generalitat Valenciana (les institutions autonomes de gouvernement) de déclarer la corrida « Bien d'intérêt culturel » pour la protéger.

 

On peut lire la traduction française de cette déclaration exemplaire dans la livraison de juillet (n°66, p 14) de la revue trimestrielle de la fondation Droit animal, Ethique & Sciences (mieux connue sous son ancienne appellation fondation Ligue Française des Droits de l'Animal (LFDA)  :


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Le débat à propos des courses de taureaux et autres spectacles taurins – portant sur le point de savoir si ces courses et spectacles constituent un patrimoine culturel à préserver ou une intolérable cruauté – est chaque fois plus présent dans la société espagnole.
La Généralité de Valence a émis une proposition visant à déclarer les festivités taurines comme ayant le caractère de « bien d’intérêt culturel » (BIC). À la suite de cette proposition, la faculté des sciences biologiques de l’université de Valence, se fondant sur la conviction que l’Université et la société doivent agir ensemble, désire publier la déclaration suivante qui combine la connaissance scientifique et les critères éthiques généraux.


Il existe une sensibilité croissante à l’égard des problèmes éthiques qui déterminent notre relation avec les autres êtres vivants et spécialement avec les animaux nonhumains.
Cette nouvelle vision des relations homme-animal résulte pour une large part d’une meilleure connaissance de la biologie des espèces considérées. Les études du comportement, des capacités cognitives et du système nerveux des animaux ont établi manifestement une continuité évolutive entre l’homme et les autres animaux beaucoup plus importante que ce que suggérait la conception traditionnelle dominante dans notre culture. Une conception qui était basée sur la croyance d’une discontinuité radicale, voire d’une opposition, entre l’être humain et le reste des animaux.


La biologie animale a démontré que les animaux possèdent des systèmes particuliers pour la perception des stimulations nocives et que cette perception s’accompagne d’une intense et désagréable composante affective. Par exemple, les recherches sur l’efficacité de médicaments analgésiques ou de traitements palliatifs de la douleur chez les humains sont utilisés pour l’expérimentation animale, en se basant justement sur l’idée de l’étroite affinité entre les humains et les animaux d’expérimentation. Dès lors, la conclusion à laquelle ces observations aboutissent est que les taureaux ressentent la douleur, le stress et la souffrance avec des caractéristiques semblables à celles ressenties par les êtres humains. De fait, la législation de l’Union européenne reconnaît explicitement que les animaux sont des êtres sensibles et pose comme objectif « d’éviter aux animaux toute douleur ou souffrance non nécessaire ». Pour atteindre cet objectif, des normes spécifiques ont été mises au point sur l’élevage, les conditions de vie des animaux de ferme, les animaleries, les zoos, sur le  transport des animaux, leur abattage pour la consommation et sur l’usage de l’expérimentation.


Le patrimoine traditionnel d’une société est un bien à préserver tant qu’il n’existe pas une meilleure raison qui justifierait son extinction. Les traditions changent et des pratiques considérées comme acceptables il y a à peine quelques années sont actuellement illégales ou sont considérées comme éthiquement inacceptables. Il y a d’innombrables exemples de ces changements dans toutes les sociétés, incluant la société espagnole. Même en dehors de considérations scientifiques, la société devrait réfléchir sur le point de savoir si un spectacle dans lequel la violence sur un être vivant constitue l’aspect essentiel, outre d’autres éléments, est un bien culturel à préserver et à transmettre aux générations futures. Il existe en tout cas, une obligation de cohérence entre les institutions de la société espagnole et les avis des universités. Les universités et les centres de recherche possèdent des comités d’éthique pour garantir des protocoles de recherche et d’enseignement adaptés à la législation existante.
Ainsi devons-nous réaliser un double objectif : éviter la douleur animale et transmettre aux nouvelles générations des valeurs exemptes de cruauté. De plus, la maltraitance des animaux est en opposition avec les valeurs de respect et d’admiration pour la nature que nous voulons transmettre à nos étudiants.


C’est pourquoi, la faculté des sciences biologiques de l’université de Valence manifeste sa position contre les courses de taureaux et autres spectacles dans lesquels se pratiquent de mauvais traitements aux animaux, et contre le fait de vouloir les considérer comme « biens d’intérêt culturel ».


L’université de Valence appelle les autres facultés de biologie et facultés vétérinaires de toute l’Espagne, à adopter cette position.

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Par Vétérinaires Anti Corrida
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Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /Juin /2010 00:00

  

Le 9 juin 2010, la constitution d'un collectif de vétérinaires opposés à la corrida a été annoncée lors d'une conférence de presse à l'Assemblée Nationale, grâce au soutien de Mme Muriel Marland-Militello et de Mme Geneviève Gaillard, respectivement vice-présidente et présidente du Groupe d'Études parlementaire sur la protection des animaux.

   


La corrida a été introduite en France à partir des années 1850, et reste de nos jours autorisée, au titre de la "tradition", dans certaines zones de 11 départements du sud de la France, soit moins d'un dixième du territoire. Cette curieuse dérogation à la loi commune, contre laquelle s'élève un nombre croissant de parlementaires, se trouve dans un alinéa de l'article 521-1 du Code pénal consacré aux "sévices graves" et "actes de cruauté" envers les animaux domestiques.
 
Au cours d'une corrida, six taureaux sont successivement tués, au terme d'une mise en scène codifiée durant une vingtaine de minutes pour chacun. Pendant le "tercio de piques", le picador à cheval enfonce des lances terminées par des pointes d'acier dans le dos du taureau. Pendant le "tercio de banderilles", les banderilleros plantent trois paires de harpons dits banderilles dans le dos du taureau. Pendant le "tercio de mort", le matador enfonce une épée dans le dos du taureau pour le tuer. La mise à mort, souvent longue et laborieuse, se poursuit par l'emploi d'une épée spéciale, puis de la puntilla (poignard), à la base de la nuque.
 
En Espagne même, son pays d'origine, cette pratique est de plus en plus contestée. Une organisation de vétérinaires opposés à la corrida a vu le jour en 2008 : l'
AVAT (Asociación de Veterinarios Abolicionistas de la Tauromaquia, En Catalogne Espagnole, deuxième province du pays, plus de 70 municipalités se sont déclarées anticorrida, dont la capitale Barcelone, et le Parlement catalan doit prochainement débattre de la suppression de cette pratique.
 
Les opposants à la corrida reçoivent l'appui croissant de spécialistes de divers horizons, tant du coté des sciences humaines que des disciplines biologiques. Ainsi, de nombreux vétérinaires ont décidé de répondre à l'appel lancé par le Pr Jean-François Courreau, vétérinaire à l'École Nationale Vétérinaire d'Alfort et adversaire convaincu de la corrida, le Dr Nathalie Milhas, vétérinaire qui s'est opposée à la corrida dans sa commune en Haute-Garonne, et le Dr Jean-Paul Richier, psychiatre préoccupé par la violence envers les animaux.


A ce jour, 9 juin 2010,  180 vétérinaires ont déjà souscrit à la déclaration suivante :
« En tant que vétérinaires, nous nous déclarons opposés à la corrida. Cette pratique, qui consiste à supplicier des taureaux en public, doit disparaître de nos sociétés. La souffrance qu'elle fait endurer à ces animaux est injustifiable. L'évolution des connaissances scientifiques ainsi que l'évolution des mentalités rendent désormais nécessaire la mise en oeuvre de mesures visant à supprimer de tels spectacles. »

Nous invitons tous les vétérinaires qui partagent ce point du vue à nous rejoindre (lien "Contact"à droite de la page)

Par Vétérinaires Anti Corrida - Publié dans : Événements
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