Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 00:40

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Plusieurs parlementaires ont interpellé le Ministère de la Culture et de la Communication (MCC) sur l'inscription de la corrida au patrimoine culturel immatériel français. Ainsi, 2 sénateurs (1 PS et 1 UMP) et 13 députés (11 UMP, 1 Vert et 1 PS) ont posé une « question écrite » (QE) en ce sens.
La réponse du MCC aux sénateurs a été publiée le 1er septembre, et  la réponse (identique) aux députés le 6 septembre. On peut la consulter par exemple dans le cadre de la QE du sénateur Roland Povinelli, ou de la députée Muriel Marland-Militello. En voici la conclusion :
 
« Pour l'ensemble de ces motifs, il n'est pas envisageable de revenir sur l'inscription telle qu'elle a été prononcée. Les débats que cette dernière a suscités mettent néanmoins en lumière la nécessité de mieux faire connaître les différentes procédures d'inscription, dont les éléments du patrimoine immatériel sont susceptibles de faire l'objet, et d'organiser de manière plus rigoureuse, sur le plan scientifique et juridique, leur mise en oeuvre sur le territoire français. C'est la raison pour laquelle le ministre de la culture et de la communication s'apprête à signer un arrêté créant un comité du patrimoine ethnologique et immatériel, qui le conseillera sur l'ensemble des questions relatives à l'application sur le territoire national de la convention de 2003. Il sera composé en majorité de personnalités qualifiées choisies en raison de leurs compétences dans le domaine du patrimoine ethnologique et immatériel et d'élus désignés par leurs associations représentatives. Les propositions d'inscription qu'il retiendra devront faire l'objet d'une approbation expresse du ministre. Ainsi pourra se poursuivre, dans des conditions optimisées, un travail essentiel à la connaissance de toutes les composantes du patrimoine. »
 
L'arrêté créant le « comité du patrimoine ethnologique et immatériel » annoncé n'est toujours pas paru à ce jour, mais on voit qu'il ne changera pas de toute façon l'inscription de la corrida.
 

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Pourtant, Jean-Pierre Marguénaud, professeur de Droit, procède dans le dernier numéro de la Revue Semestrielle de Droit Animalier (sept 2011, p 29 à 42) à une critique argumentée, tant des questions de fond relative à cette inscription, que des questions relatives à la procédure.
Profitons-en pour signaler cette revue, la RSDA, qui depuis début 2009 met en ligne des analyses de juristes de toutes les spécialités académiques, et aussi de philosophes, d'historiens, et de scientifiques, sur les questions les plus diverses, de fond ou d'actualité, concernant le statut des animaux. Le numéro 2 de l'année 2009, ainsi que nous le signalions dans notre courte rubrique bibliographique, comportait un dossier sur la corrida (p 117-187).
 
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LFDA
Jean-Claude Nouët, professeur honoraire de médecine, co-fondateur et président de La Fondation Droit Animal, éthique & sciences (LFDA), consacrait aussi l'éditorial du dernier numéro de la revue de cette fondation (juillet 2011, p 2)  à contester la décision d'inscription.
Les conseils constitutifs de la LFDA comprennent également des juristes, des scientifiques et des philosophes. Et signalons que sa revue trimestrielle, consacrée aussi à diverses questions de fond ou d'actualité, est accessible en ligne depuis début 2010.
 
En tout cas, l'étape suivante est le recours juridique déposé par des associations contre cette inscription.
 
En guise de conclusion provisoire, soulignons que plusieurs députés (4 UMP et 1 PS), parallèlement aux questions écrites ci-dessus mentionnées, ont posé une autre QE : la corrida a été inscrite par une commission à l'inventaire du patrimoine en janvier 2011, et cette décision a été annoncée par le mundillo le 22 avril 2011. Pourquoi cette information a-t-elle été tenue secrète pendant trois mois ? (voir par exemple la QE de Muriel Marland Militello  dès le 3 mai).
Cette quasi-clandestinité, revendiquée par les promoteurs eux-même de cette inscription,  est loin d'être anodine : elle recoupe en fait tous les aspects développés par JP Marguénaud dans son analyse mentionnée plus haut.
 
Allez savoir pourquoi, le Ministère de la Culture n'a toujours pas répondu à cette QE.
Par Vétérinaires Anti Corrida
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Dimanche 14 août 2011 7 14 /08 /Août /2011 19:28

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La députée PS Geneviève Gaillard, vétérinaire, présidente du groupe Protection des animaux à l'Assemblée nationale, a fait enregistrer  le 13 juillet 2011 une proposition de loi (PPL) visant à supprimer l'exception corrida. 

 

Pourquoi cette nouvelle proposition, alors qu'un an auparavant une proposition collaborative de contenu identique, initiée dans le cadre du Groupe d’études Protection des animaux, avait justement pour objectif de rassembler les signatures de députés de droite comme de gauche ? Au départ, les PPL visant à la suppression des corridas avaient été déposées, en 2004 sous la précédente législature, puis en 2007, par Mme Marland-Militello, députée UMP. Par conséquent, de nombreuses signatures UMP sont venues soutenir la proposition collaborative. 

 

Mais à quelques notables exceptions, les signatures socialistes sont restées coincées. Les instances dirigeantes du groupe SRC (Socialiste Radical Citoyen) relayaient manifestement les blocages de certains distingués membres du PS amateurs de corrida, prétextant le caractère composite des signataires, alors même celui-ci était légitimé par le fait que cette PPL avait été élaborée dans le cadre d'un groupe d'études parlementaire.


Mme Gaillard a donc dû, au bout d'un certain temps, se résoudre à émettre une PPL en son nom afin de permettre les signatures socialistes. C'est ce qui a suscité l'agrément de Jean-Marc Ayrault, lequel dans sa réponse au courrier que nous lui avions adressé, confirmait enfin que "chaque membre du groupe SRC est libre de signer à titre personnel la proposition de loi".

Cette proposition de loi était soutenue par 25 signataires socialistes au moment de son enregistrement. Elle s'enrichira au fil du temps de nouveaux soutiens.
Par Vétérinaires Anti Corrida - Publié dans : Événements
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Samedi 13 août 2011 6 13 /08 /Août /2011 23:51

 

Torero-Mazzantini.jpg Le torero Mazzantini reconduit à la frontière - 1895

 

 

L'inscription de la corrida à l'inventaire du Patrimoine Culturel français a donné lieu à une fiche d'inventaire. Cette fiche est brièvement apparue sur le site du Ministère de la Culture, avant d'être retirée, les fonctionnaires du Ministère ayant apparemment décidé que la discrétion ayant prévalu à la préparation de cette inscription gagnerait à être maintenue.

On peut la consulter ICI.

 

ÉLISABETH HARDOUIN-FUGIER, PROFESSEUR DES UNIVERSITÉS, a fourni une analyse de cette fiche d'inventaire. Avec son autorisation, nous en reproduisons ici le résumé, suivi d'un lien où nous avons mis cette analyse en ligne.

É. Hardouin-Fugier est Professeur honoraire d’Histoire de l’art à l'Université Jean Moulin Lyon 3. Elle est notamment l'auteure de plusieurs ouvrages et articles sur la tauromachie (qu'on trouvera à la fin de cet article).


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Ce texte vise :

1 - à fournir les phrases, entre guillemets en rouge, situées dans le texte de la fiche (désignée par RAPPORT), indiquées par leur page (en chiffres romains : IV) et leur ligne dans la page (IV, 10).   

2 - à regrouper ces citations par thèmes, car les arguments sont très dispersés.

3 - à proposer, en caractères gras, une analyse de ces données, à la lumière des récentes investigations sur la corrida, indiquées dans la bibliographie.

 

ABSTRACT

 

I Une interprétation parmi d’autres

domine le RAPPORT. Cette vue  poético-littéraire se réfère surtout (IV, 44 ; V, 9 ; X, 30) au Miroir de la Tauromachie de M. Leiris (1937), interprétation aujourd’hui supplantée par des discours de nature esthétique et écologique ou tout simplement une jouissance sexuelle intense, dont la nature sadique est parfois avouée.


II La corrida de muerte prétendue française

L’histoire de l’introduction de la corrida en France, présentée dans le RAPPORT, est faussée par sa concision. Naturaliser français un spectacle appelé Corrida de muerte est impossible : les éleveurs français de toros et les jeunes matadors, constamment évincés par les Espagnols, le savent bien. L’écologie, si vantée dans le RAPPORT, nie une évidence : les toros d’un seul éleveur ont suffi à transformer en désert les zones humides protégées de l’étang de Vendres (embouchure de l’Aude). Les chasseurs, jadis aficionados, sont devenus des plaignants, rejetés dès leur dépôt de plainte en justice.

Les enfants français méridionaux, constamment sollicités par la corrida, sont exposés à subir l’amputation de leurs sentiments d’empathie et la blessure de leur sensibilité. Michelito est exhibé en piste : il tue dix veaux à l’épée depuis l’âge de 5 ans.  Les contribuables méridionaux financent malgré eux ces « écoles ». Désormais, à Nîmes, 70% des personnes souhaitent la suppression de la corrida.


III D’effroyables autopsies par les vétérinaires d’arène espagnols

Le RAPPORT évacue la technique, l’effet des quinze armes successivement enfoncées dans l’animal (d’estoc, non de taille). Les mots pique, banderille apparaissent une fois, sang, jamais, puntilla et descabello, jamais, mise à mort au sol, jamais. Les vétérinaires de la plus grande arène européenne (Madrid) autopsiant 90 taureaux, révèlent 3 coups de pique de 22 cm (= 66 cm) infligés à chaque taureau, sur la zone dorsale (emplacement visible dans toutes les photos de presse), et non plus sur le morillo comme l'indique le RAPPORT. Les mots de souffrance ou douleur n’apparaissent pas. De plus, une suspicion de conflit d’intérêt entache sérieusement la légitimité de la décision du Ministère d’inscrire la corrida au patrimoine, le haut fonctionnaire en charge de décision est juge et parti, et le rédacteur du RAPPORT apparenté à un éminent groupe d’intérêts (célèbre élevage espagnol).


Nous donnons enfin la parole à quelques journalistes qui s’expriment contre une décision prise au rebours des principes élémentaires de la démocratie.


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Consultez l'intégralité de cette analyse en ligne ICI.

 

Par Vétérinaires Anti Corrida
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Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 02:11

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  Philippe Bélaval, DGP (©Didier Plowy/MCC).

 

Nous allons opérer un parallèle.
Le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé comprend une Direction Générale de la Santé, qui elle même comprend une Sous-direction politique des pratiques et des produits de santé, laquelle contribue entre autres aux politiques concernant les médicaments.

Supposons qu'un rapport particulièrement favorable sur les conditions d'utilisation d'un médicament, disons le Sévicex®, soit rendu sous l'égide de cette Direction. Et supposons que le Directeur Général de la Santé ait récemment été membre du comité exécutif, et reste actionnaire, du groupe pharmaceutique, disons le groupe Mundillo, qui commercialise ce médicament. Nous aurions affaire à ce qu'on appelle un "conflit d'intérêt" particulièrement spectaculaire. Surtout si ce Directeur avait été nommé juste après que le groupe pharmaceutique Mundillo ait promis qu'on parlerait du Sévicex® dans l'année qui vient.

Le Ministère de la Culture et de la Communication comprend une Direction Générale des Patrimoines, qui elle-même comprend un Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique, lequel coordonne entre autres la mise en œuvre de la convention de l'Unesco pour la sauvegarde du patrimoine immatériel.
 
Supposons qu'une décision favorable à l'inscription de la corrida au patrimoine immatériel français soit rendue sous l'égide de cette Direction. Et supposons que le Directeur Général des Patrimoines soit membre fondateur et ait récemment été membre du Conseil d'administration d'une association taurine, disons l'ONCT, qui se proclame à l'origine de cette inscription. Nous aurions affaire à ce qu'on appelle un "conflit d'intérêt" particulièrement spectaculaire. Surtout si ce Directeur avait été nommé juste après que l'association en question ait annoncé une campagne pour cette inscription.
 
Le Directeur en question s'appelle Philippe Bélaval. Nous ne sommes pas dans la fiction, mais dans la réalité de notre République trop souvent ubuesque. Pour en savoir plus, cliquez sur « Qui est Philippe Bélaval ? ».

Le 6 mai, Jean-François Courreau et Nathalie Milhas, au nom du Collectif, adressaient une lettre ouverte à M Philippe Bélaval (chef de la Direction Générale des Patrimoines), à M Pascal Liévaux (chef du Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique), à M Christian Hottin (adjoint au chef du Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique), avec copie à M Frédéric Mitterand, M François Fillon et M Nicolas Sarkozy.
 
Dans l'annexe qui accompagnait ce courrier, ils constataient :
« Ainsi, de deux choses l'une :
- soit la commission et les instances qui ont entériné ce choix de l'inscription au PCI étaient complices ;
- soit la commission et les instances qui ont entériné ce choix ont été dupées.
Dans les deux cas de figures, une seule décision s'impose : retirer purement et simplement la corrida de l'inventaire du patrimoine immatériel français.
»

Nous savons à présent que c'est la première hypothèse qui est la bonne.
La conclusion, quant à elle, reste plus que jamais de mise.

Par Vétérinaires Anti Corrida
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Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 01:28

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Le 19 mars dernier, Jean-François Courreau et Nathalie Milhas, coordinateurs du Collectif des Vétérinaires pour l'Abolition de la Corrida, écrivaient une lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée. Ils s'y s'étonnaient que le groupe SRC n'ait toujours pas donné son aval aux députés socialistes désireux d'apporter leurs signatures à la proposition de loi collaborative droite/gauche visant à supprimer les corridas (et les combats de coqs).
 
Le 16 juin, Jean-Marc Ayrault nous a adressé sa réponse. On peut y lire que « Le bureau de Groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche a abordé ce thème le 30 mai dernier. Il a été décidé de renvoyer chaque député à ses convictions sur ce sujet qui ne relève pas du clivage droite/gauche. Ainsi, chaque membre du groupe SRC est libre de signer à titre personnel la proposition de loi visant à punir les sévices graves envers les animaux domestiques ou apprivoisés, ou tenus en captivité, sans exception. »
 
Voir la lettre complète ici.
Par Vétérinaires Anti Corrida
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