Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 23:48

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Ce 22 avril, certains ont dû consulter leur calendrier pour voir s'ils n'étaient pas en avance de trois semaines.
Mais non, nous n'étions pas le 1er avril, nous étions bien le 22 avril.
Et, oui, la corrida a bien été inscrite par le ministère de la Culture et de la Communication au patrimoine culturel immatériel national. L'annonce en a été faite par le petit monde taurin, ravi de son coup, à l'occasion de la féria d'Arles.

On trouve donc sur le site du Ministère une fiche d'inventaire dédiée à la corrida... dans la rubrique "Pratiques sportives" (ça a dû être difficile à classer).
 
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Mise à jour le 28 avril : le lien  http://www.culture.gouv.fr/mpe/ethno_spci/pdf2/lheraud_corrida.pdf est à présent devenu invalide. Et la corrida ne figure plus dans la rubrique "Pratiques sportives" où elle était répertoriée :
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La rubrique "Pratiques festives" contenait déjà de son côté, depuis octobre 2010, quelques chevaux de Troie, ainsi les fiches :
- Hèstas e Hestaires, Fêtes et Festayres, avec leurs "courses de taureaux empruntées à la tradition espagnole", et la référence aux 4 arènes de 1ère catégorie du Sud-Ouest (Bayonne, Mont-de-Marsan, Dax, Vic-Fezensac).
- Fêtes de Bayonne, avec leurs "corridas" (une corrida à cheval est prévue cette année).
- Fêtes de Dax, avec leur "cycle de corridas" (neuf spectacles taurins espagnols sont prévus cette année).
 
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Mise à jour le 7 mai : le lien  http://www.culture.gouv.fr/mpe/ethno_spci/pdf2/Fetes_Dax.pdf est devenu invalide. Et les Fêtes de Dax, où la bagatelle de 54 taureaux vont être massacrés en août prochain, ne figurent plus dans la rubrique "Pratiques festives" où elles étaient répertoriées :
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La pétition de refus de l'inscription de la corrida au patrimoine immatériel, mise en place par le CRAC Europe et soutenue par Jacques Dary, était à cet égard une initiative pertinente (même si la liste des signataires demande à être un peu nettoyée).

 

La Fédération des Sociétés Taurines Françaises commente : "C'est un premier pas vers l'inscription au patrimoine de l'UNESCO".
Pour rappel, la notion de patrimoine culturel immatériel (PCI) vient compléter la notion classique de patrimoine culturel (lieux, monuments...), et a été consacrée par la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, adoptée par l'UNESCO en 2003.
La reconnaissance d'une pratique comme appartenant au PCI comprend deux échelons distincts :
- Un échelon national.
A ce niveau ce sont les Etats qui font leur petite cuisine, d'après des dossiers réalisés par des organes publics et/ou des associations (en France, réalisation de fiches d'inventaire sous l'égide du Ministère de la Culture). Nous pouvons être fiers : la France est à cette heure le seul des huit pays taurins de la planète a avoir obtenu cette étape pour la corrida... Même l'Espagne ou le Mexique n'ont pas osé.
- Un échelon international.
Il s'agit notamment de la fameuse liste représentative du PCI, qui a de par sa reconnaissance internationale une force symbolique et une force juridique particulières. Nous n'en sommes pas là.

On lit dans les dépêches que le ministère de la Culture a déclaré :
"la corrida a bien été recensée au patrimoine immatériel de la France par une commission ethnologique au sein du ministère de la Culture en janvier", au "même titre que la tarte tatin, le fest-noz, la tapisserie d'Aubusson, les parfumeurs de Grasse".
Certes. Mais la tarte tatin ne repose pas sur le sang, la souffrance et la mort ; le fest-noz ne provoque pas de polémiques depuis 160 ans ; la tapisserie d'Aubusson n'est pas sanctionnée par le code pénal sur les neuf-dixièmes du territoire ; et les parfumeurs de Grasse ne suscitent pas dans les enquêtes d'opinion l'opposition des trois-quarts des Français.

On lit que le ministère de la Culture s'est quand même cru obligé de souligner que cette inscription relevait simplement "l'existence factuelle d'une pratique et d'un développement alentour d'un certain nombre d'éléments de nature culturelle" et qu'elle n'impliquait "aucune forme de protection, de promotion particulière ou de cautionnement moral".
Certes. Mais prendrait-on pour la simple constatation d'une existence factuelle, sans cautionnement moral, l'inscription par un pays à son patrimoine immatériel des crimes d'honneur ou des mutilations génitales féminines, au motif qu'ils procèdent dans certaines régions d'une tradition locale ininterrompue admise par le droit coutumier ?
 
Là, les taurins répondent en choeur et la bouche en coeur : "Voyons, vous n'allez pas mettre sur le même plan l'être humain et l'animal !". Mais le problème ne se pose pas en ces termes. Il s'agit simplement de savoir si on inclut certains animaux, notamment les mammifères, dans le champ des considérations morales. C'est une question qui prend une place de plus en plus importante dans le débat public, en France comme ailleurs. Le ministère de la Culture ne trompe personne en balayant ces considérations morales d'un revers de main.
En prenant cette décision, le ministère de la Culture prend bel et bien position contre les défenseurs des animaux, et il le sait parfaitement. Il n'y a d'ailleurs, pour s'en convaincre, qu'à jeter un coup d'oeil sur les réactions à cette inscription sur les divers sites et blogs taurins.

Signalons qu'en janvier dernier, le département du ministère en charge du patrimoine immatériel a participé à l'organisation d'un colloque intitulé "Droit et patrimoine culturel immatériel", dont l'un des thèmes était "PCI et conflits de valeurs", avec deux interventions consacrées à "PCI et éthique". L'une de ces interventions s'intitulait tout simplement : "Les cultures taurines", et était présentée par Frédéric Saumade, ethnologue mentionné sur la fiche d'inventaire de la corrida, et qui avait déjà participé à la fiche d'inventaire sur la course camarguaise. Sans commentaires.

La définition du patrimoine culturel immatériel, telle que présentée par le premier paragraphe de l'article 2 de la Convention de 2003, fait explicitement référence aux "exigences du respect mutuel entre les communautés, les groupes et les individus". La corrida est l'enjeu d'oppositions éthiques extrêmement fortes entre des groupes de pensée, et ne saurait donc, au moins pour cette raison, satisfaire à cette définition.

Le lobby taurin n'a fait que son travail de lobby.
Mais le ministère de la Culture, en sortant de sa nécessaire neutralité sur une question symbolique aussi polémique, a quant à lui commis une lourde erreur.
Beaucoup de Français vont se dire que, décidément, certains fonctionnaires des ministères vivent dans des mondes à part.
Beaucoup de Français ne vont plus se reconnaître dans ce ministère de la Culture.
Et beaucoup de Français vont avoir honte de cette décision auprès des pays étrangers.
 
Notons que cette initiative d'une commission, dont la légitimité suscite pour le coup des interrogations, n'a rien d'irréversible.

Cependant, en définitive, cette décision ubuesque va aider la critique de la corrida à prendre toujours plus d'ampleur. Ce baroud d'honneur (baroud d'horreur serait plus juste) d'un mundillo qui épuise ses dernières cartouches, grâce à un petit clan bien introduit auprès des instances décisionnaires, ne fait qu'accompagner sa déconfiture croissante.
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Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 00:00

 

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Devant l'absence de signatures socialistes depuis le dépôt de la proposition de loi collaborative demandant  la suppression des corridas, mi-juillet 2010, le collectif des Vétérinaires pour l'Abolition de la Corrida a adressé la lettre suivante à Jean-Marc Ayrault, président du groupe SRC (Socialiste, Radical, Citoyen et divers gauche) à l'Assemblée nationale.

 

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À M Jean-Marc Ayrault

Président du groupe SRC à l'Assemblée nationale

 

 

                                                            Maisons-Alfort, le 19 mars 2011

 

 

Monsieur le Président,

 

Nous nous permettons de vous écrire en tant que comité de pilotage du Collectif des Vétérinaires pour l'Abolition de la Corrida. Le 13 juillet 2010, Mme Geneviève Gaillard (PS) et Mme Muriel Marland-Militello (UMP) ont déposé à l'Assemblée une proposition de loi collaborative visant à étendre l'interdiction des corridas et des combats de coqs sur tout le territoire. Nous participions à la conférence de presse du 9 juin au cours de laquelle cette PPL fut annoncée, au nom du collectif de vétérinaires que nous représentons (plus de 500 à ce jour, voir notre site http://www.veterinaires-anticorrida.fr, sur lequel la présente lettre est mise en ligne).

 

Depuis, nous avons eu écho d'un certain nombre de députés socialistes favorables à cette proposition. Or, à ce jour, soit huit mois après son enregistrement, nous ne voyons toujours apparaître aucune nouvelle signature socialiste.

 

Nous ne nous expliquons pas cette situation. Mme Geneviève Gaillard a-t-elle pu présenter cette proposition au groupe socialiste, afin que celui-ci donne son aval aux députés désireux d'y apporter leurs signatures ?

 

Nous n'ignorons pas les nombreux fronts sur lesquels les élus de la nation doivent mener leurs actions. Mais se préoccuper du sort des hommes n'empêche pas de se préoccuper aussi du sort des animaux. Il importe que les élus socialistes concernés par cette question puissent s'exprimer sur une pratique aussi symboliquement importante que la corrida.

 

De nombreux électeurs préoccupés par le sort des animaux sont pour l'instant perplexes de voir qu'a contrario, parmi les députés inscrits en faveur de la corrida au groupe d'études sur la tauromachie de l'Assemblée nationale, une majorité appartient au groupe socialiste.

 

En l'attente de votre réponse, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre considération distinguée.

 

 

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Mardi 1 février 2011 2 01 /02 /Fév /2011 22:41

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Cité des Arts et des Sciences, Valence

 

 
Au-delà des Pyrénées, les vétérinaires espagnols prennent de plus en plus leurs distances vis à vis de la "fiesta nacional".
Nous reproduisons ainsi un communiqué de l'AVAT (Asociación de Veterinarios Abolicionistas de la Tauromaquia) en date du 27 janvier 2011, qui concerne Valence, troisième ville d'Espagne après Madrid et... Barcelone.

 

Le Collège de Vétérinaires de Valence n'accordera plus de prix au meilleur taureau de sa féria.


Il est de tradition que certains Collèges régionaux de Vétérinaires accordent chaque année un prix au meilleur taureau mis dans l'arène durant la féria de leur ville. La bête méritant la récompense est celle qui a démontré le plus de "trapío", de "noblesse", de "caste" et de "race". Pour le Collège de Vétérinaires de Valence, la remise du prix "Taureau d'Or" à l'éleveur de l'animal retenu coïncidait avec la célébration de Saint François d'Assises, patron des vétérinaires.
Après la plainte présentée l'an passé par un groupe de membres du Collège, et la parution dans la presse des déclarations d'une consoeur, membre de l'Association des Vétérinaires pour l'Abolition de la Tauromachie (AVAT), le Comité Directeur du Collège de Vétérinaires de Valence a décidé de demander aux professionnels s'il convenait ou non de continuer à accorder le prix.
Notre association a envoyé lundi 24 une lettre au Président du Collège de Vétérinaires de Valence, pour le remercier de donner aux membres inscrits la possibilité de prendre cette décision, en faisant les remarques opportunes à ce sujet.
L'Assemblée collégiale qui s'est tenue hier, mercredi 26 janvier 2011, a décidé par 25 voix contre 11 de ne plus accorder ce prix. Nous pensons que ce pas en avant de la part d'un groupe de confrères, avec l'appui de notre association, doit servir à mener vers la fin de l'annonce et la remise de cette distinction absurde par le reste des Collèges de Vétérinaires qui la pratiquent.

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Vendredi 10 décembre 2010 5 10 /12 /Déc /2010 22:29

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Suite à la décision du maire de Fréjus d'arrêter les corridas, de nombreux membres de notre collectif lui ont adressé un message de félicitation.

Le quotidien régional Var-Matin a rendu compte de nos envois dans un article du 2 décembre, consacré aux courriels de soutien à la mairie de Fréjus :

http://www.varmatin.com/article/societe/anticorridas-a-frejus-la-mairie-submergee-par-les-courriels

Autant d'appuis qui vont conforter M Élie Brun dans sa conviction d'avoir pris la bonne décision, malgré les ultimes protestations des amateurs de sang et de mort.

 

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Mercredi 10 novembre 2010 3 10 /11 /Nov /2010 23:45

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  Amphithéâtre de Fréjus

 

La ville de Fréjus, dans le Var, avait la double particularité d'être la seule commune taurine de son département, et d'être la commune taurine  française située la plus à l'est.
Sur les onze autres départements français où sont organisés des spectacles taurins sanglants, deux autres ont actuellement la particularité de voir ces spectacles limités à une seule commune : l'Aude, avec Carcassonne, et la Haute-Garonne, avec Rieumes.

Cependant, après avoir organisé plus ou moins régulièrement des corridas depuis le début du siècle dernier, Fréjus n'en organisait plus depuis 2006. La raison en était qu'elles avaient lieu dans un vénérable amphithéatre romain construit il y a quelque 2000 ans, lequel est depuis 4 ans en restauration, dans le cadre du Plan Patrimoine Antique. Dès lors une question se posait avec de plus en plus d'acuité : y aurait-il à nouveau des corridas lorsque cette restauration serait achevée en 2011 ?

Élie Brun, maire de Fréjus depuis 1997 et sénateur du Var depuis 2008, était ainsi sollicité tant par les partisans que par les adversaires de la corrida.

Si on sait que le mundillo, le petit monde de la corrida, constitue un lobby opiniâtre, d'un autre côté, dans le Var comme ailleurs, une majorité de la population n'aime pas les corridas, voire est favorable à leur suppression. Un sondage IPSOS réalisé en 2001 avait même documenté cette opposition : 86% des habitants de Fréjus déclaraient ne pas avoir le sentiment que la corrida fasse partie de leur culture, 78 % en désapprouvaient les subventions par les pouvoirs publics, et 62% s'affirmaient contre l'organisation de corridas dans leur ville.
Par parenthèse, François Léotard, à qui Élie Brun a succédé à la tête de Fréjus en 1997, a signé en 2007 une pétition de personnalités contre la corrida.

Après avoir laissé entendre que les corridas pourraient reprendre, Élie Brun a finalement tranché : il n'y aura plus de corridas. La nouvelle circulait déjà officieusement depuis mi-octobre grâce à Katherine Bourliascos et Christian Baloy, deux militants de la première heure, ainsi qu'à l'Alliance Anticorrida. Depuis aujourd'hui 10 novembre, elle est en quelque sorte "officialisée" par la médiatisation du quotidien Var-Matin, qui y consacre trois articles.

Dans l'article qui fait la première page, Var-Matin fait dire à un habitant de Fréjus : « Je ne suis pas étonné de cette prise de position qui intervient juste avant les prochaines échéances électorales ». Ceci est en fait un réel compliment à l'égard de M Brun, qui serait enfin attentif à l'opinion majoritaire ! Il est vrai qu'il a décidé de briguer à nouveau une fonction de conseiller général aux cantonales de mars 2011, poste qu'il occupera ou qu'il laissera à sa suppléante selon qu'Hubert Falco, qu'il remplace au Sénat, sera toujours ou non au gouvernement. Cependant, il devrait en tant qu'UMP remporter l'élection dans un fauteuil, dans ce canton où l'opposition est éclatée entre gauche et extrême-droite. La décision de supprimer les corridas doit avoir d'autres motifs, que lui seul connaît.
Par ailleurs, il compte à nouveau briguer la fonction de maire de Fréjus en 2014. Et il devrait également sortir gagnant de cette élection, qu'il avait remportée en 2008 au 1er tour avec près de 63% des suffrages. Les corridas devraient donc être éliminées du paysage varois jusqu'en 2020. Et vu l'évolution des mentalités, il y a peu de chances pour qu'on les voit s'y rétablir ensuite.

Ainsi, à l'instar des arènes de Barcelone d'ici 2012, l'amphithéatre fréjusien restauré devrait, à partir de 2011, ne plus accueillir que des spectacles culturels dignes de ce nom.

En conclusion, grâce à la prise de position avisée du maire de Fréjus, la France compte dorénavant pour de bon un département taurin en moins.

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