Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 17:29

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Parmi les nouveaux soutiens, signalons la prise de position contre la corrida d'une personnalité tout à fait intéressante : Patrick Tort, dont le CRAC publie une lettre, et qui a accepté d'intégrer le comité d'honneur de la FLAC.
Agrégé de l'Université, docteur d'État ès Lettres, philosophe, linguiste, épistémologue, historien des sciences biologiques et humaines, auteur d'une quarantaine de livres et de nombreux articles, attributaire de divers prix et distinctions, c'est un spécialiste de Charles Darwin.
Il a fondé et dirige l'Institut Charles Darwin International.
 
C'est notamment l'auteur d'une anthropologie darwinienne fondée sur l'"effet réversif" de l'évolution, qu'il illustre par le fameux concept topologique du ruban de Möbius.
En effet, chez l'homme, existent des caractéristiques (les différentes formes de sympathie et d'altruisme) qui semblent en opposition avec l'élimination des moins aptes à l'oeuvre dans la "nature", mais qui sont cependant en continuité évolutive avec le processus de sélection naturelle. La possibilité de sollicitude envers les autres espèces procède d'ailleurs à l'évidence de ces caractéristiques spécifiquement humaines.

 

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Samedi 21 mai 2011 6 21 /05 /Mai /2011 23:46

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Rafael Correa, président de la République d'Équateur

 

Le 7 mai en Équateur, un vote populaire, dont le dépouillement vient de s'achever, comprenait une question sur les corridas. Cette question avait la particularité d'être posée pour chaque canton (plus de 220). La victoire du "oui" à l'abolition n'est pas totale, puisque les corridas vont persister dans quelques provinces du centre du pays, mais cette consultation populaire constitue une formidable avancée vers la fin de ces spectacles en Équateur.
 
 
Huit pays pratiquent régulièrement les corridas sanglantes dans le monde.
Trois en Europe : l'Espagne, la France et le Portugal.
Cinq en Amérique latine : le Mexique, le Vénézuéla, la Colombie, l'Équateur et le Pérou.
 
En Équateur, un vote a eu lieu le 7 mai à l'initiative du président Rafael Correa.

Dix questions ont été posées au peuple, cinq ayant trait à des amendements constitutionnels, relevant d'un "référendum", et cinq ayant trait à des questions d'intérêt général, relevant d'une "Consultation Populaire".

Parmi ces 5 dernières, la question n° 8 posait la question des corridas, sous la forme suivante :

"Approuvez-vous que le canton où vous résidez interdise les spectacles qui ont comme objectif de mettre un animal à mort ?"

 

Cette question pouvait apparaître comme bien secondaire par rapport à d'autres thèmes, comme les réformes de la justice ou la règlementation des médias. Pourtant, c'est sous la pression populaire que Rafael Correa l'avait insérée dans sa consultation et l'avait défendue. Et c'est une question qui a suscité des débats enflammés, preuve qu'elle a trait à des enjeux humains fondamentaux, ce que feint d'ignorer le ministère de la Culture français.

 

Le président Correa a gagné sa bataille : le décompte des votes des 11 millions d'électeurs (sur 14 millions d'habitants) s'est achevé le 19 mai au soir, et une majorité de "oui" l'a emporté sur les différentes questions. Par parenthèse, ce vote était obligatoire sous peine d'amende (sauf pour les plus de 65 ans), peut-être faudra-t-il en venir là en France...

 

La question 8 sur les corridas ne fait pas l'objet de résultats officiels nationaux, pour la raison qu'elle était posée canton par canton. L'Équateur comprend 24 provinces, à leur tour divisées en cantons, le nombre total de ceux-ci s'élevant à plus de 220.

En fait, l'analyse des résultats montre que dans une zone donnée, le "oui" ou le non" l'emporte généralement pour l'ensemble des questions. Cette consultation avait valeur plébiscitaire, au sens de vote de confiance. Ce qui fait que le "oui" à la suppression des corridas se retrouve dans les cantons où le "oui" l'emporte pour les autres questions, et inversement (à l'exception du canton de Valencia).


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L'analyse des résultats est la suivante. L'Équateur comprend 3 grandes régions : d'Est en Ouest, ce sont la région amazonienne, la région andine, et la région littorale. Vient s'y ajouter l'archipel des Galapagos.

 

Les 6 provinces amazoniennes (Est) sont plutôt opposées au président Correa, et ont voté "non" à la suppression des corridas (36 cantons sur 41). La population y est peu dense (489 000 électeurs) et les arènes très rares. 

 
Les 7 provinces littorales (Ouest), et leurs 5 630 000 électeurs, sont plutôt favorables au président Correa, et ont voté "oui" à la suppression des corridas (81 cantons sur 86). La province de Guayas, la plus peuplée avec 2 600 000 électeurs, a voté en bloc pour la suppression des corridas, notamment le canton de Guayaquil, le plus peuplé du pays avec 1 730 000 électeurs, même si les arènes de la ville de Guayaquil recrutent peu en proportion.
Notons l'exception, unique dans le pays, du canton de Valencia dans la province de Los Rios, qui a voté massivement "oui" aux autres questions du président Correa, mais a répondu "non" à la question sur la corrida. La place taurine de Valencia est proche de la province taurine de Cotopaxi.
 
Les 10 provinces andines (Centre), et leurs 4 800 000 électeurs, sont partagées :

Du côté du "oui" à l'abolition :
- La province de Pinchincha, deuxième du pays avec près de deux millions d'électeurs (1 940 000), a massivement voté pour la suppression des corridas (sauf 1 canton sur 8, celui de Mejía, 53 000 électeurs). Est notamment concerné le canton de Quito (1 710 000 électeurs), avec la capitale Quito et sa future ex-Feria del Jesús del Gran Poder (novembre-décembre), l'une des plus importantes d'Amérique du sud, où 54 taureaux (9 corridas) étaient massacrés dans la plus grande arène du pays. Il existe également d'autres arènes dans le canton de Quito, et d'autres arènes dans d'autres cantons (Rumiñahui, Cayambe) de la province de Pinchinza.
- La province d'Azuay (581 000 électeurs) a voté "oui" à l'exception de 3 cantons représentant 32 000 électeurs). Le canton de Cuenca et ses 404 000 électeurs, et son arène de Cuenca (3ème ville d'Équateur), a notamment voté "oui".
- La province d'Imbaburra a voté "oui" à l'unanimité de ses cantons (320 000 électeurs), notamment le canton d'Ibarra (144 000 électeurs) et son arène.
- La majorité des cantons de la province de Cañar a voté contre la suppression, mais la place taurine de cette province est dans le canton d'El Tambo, qui a voté pour.
 
Du côté du "non" :
Les autres provinces andines ont voté "non" à la suppression des corridas :  Tungurahua (411 000 électeurs),  Chimborazo (390 000 électeurs, à l'exception du petit canton de Cumandá), Cotopaxi (320 000), Bolívar (150 000), ainsi que la majorité des cantons des provinces de Loja (360 000) et de Carchi (136 000).

Les provinces de Tungurahua (et sa Feria de Nuestra Señora de la Merced à Ambato), Chimborazo (et sa Feria del Señor del Buen Suceso à Riobamba), et Cotopaxi, sont des provinces taurines, et le resteront donc pour l'instant. Ces trois provinces du centre du pays constitueront, en attendant la disparition des corridas, une "exception" malencontreuse par rapport au reste du pays, un peu à l'instar des zones taurines du sud de la France. Il n'en reste pas moins que cette consultation populaire constitue une avancée majeure vers l'abolition des corridas en Équateur.

 

charles darwin
 
 
 
Notons que l'archipel des Galapagos, province insulaire de l'Équateur, a voté "oui" à la suppression des corridas. Ces îles sont passées à la postérité grâce aux études qu'y a effectuées Charles Darwin en 1835. Rappelons que son ouvrage fondateur, "L'Origine des espèces", qui documente la continuité entre les êtres vivants, a été publié en 1859, six ans après l'introduction des corridas en France.

 

 

Faut-il craindre que la formulation de la question (interdire "les spectacles qui ont comme objectif de mettre un animal à mort") donne lieu à des corridas sans mise à mort ? Les taurins psalmodient sans relâche que la mise à mort doit impérativement conclure le soi-disant affrontement entre l'homme et la bête. D'ailleurs, il y a tout simplement lieu de penser que le public équatorien bouderait des corridas sans "tercio de mort", comme il bouderait les corridas à la portugaise. Ainsi, la municipalité de Cuenca, troisième ville d'Équateur, avait déjà interdit la mise à mort publique des taureaux en 2004 : de ce fait les corridas y ont périclité.


Les résultats de ce vote prendront probablement effet dans les mois qui viennent, une fois que les éventuelles procédures contentieuses seront épuisées.

 

La capitale de l'Équateur, Quito, a une particularité : c'est la première ville à avoir été classée sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO, le 18 septembre 1978.
Un mois plus tard, le 15 octobre 1978, c'est à la Maison de l'UNESCO, à Paris, que la Ligue Internationale des Droits de l'Animal proclamait la Déclaration Universelle des Droits de l'Animal.

Il y a des hasards, comme ça, qui résonnent avec une certaine actualité...

Fréd Mitt

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture

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Mardi 10 mai 2011 2 10 /05 /Mai /2011 01:34

manif copie

 

 

Un collectif d'organisations, auquel nous nous sommes joints, demande le retrait de l'inscription de la corrida au patrimoine culturel français et appelle à une  manifestation le 28 mai à Paris, place du Palais Royal dans le 1er arrondissement, en face du ministère de la Culture.

Ce collectif porte à notre connaissance ce lien de l'émission "Le Grand Jury" de RTL, dont Frédéric Mitterrand était l'invité dimanche 8 mai :
Le ministre s'y exprime sur cette inscription de la corrida, entre 45'45" et 49'. Comme lors de ses précédentes interventions, il en minimise la portée, mais surtout, il n'exclut pas de l'annuler.
 
Maintenons donc la mobilisation, pour continuer à faire évoluer la réflexion du ministère de la Culture et du gouvernement dans le bon sens !
 
Chères consoeurs, chers confrères, n'hésitez pas à imprimer cet appel pour la manifestation du 28 mai, et à l'afficher ou à le mettre à disposition dans votre salle d'attente :
(le fichier comprend 2 pages, pour l'imprimer sur une feuille A4, vous devrez peut-être sélectionner "plusieurs pages par feuille" et éventuellement "rotation des pages")

 

Par Vétérinaires Anti Corrida
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 22:16

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dessin de MAN, Le Midi Libre, 24.04.2011

 

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              Pr Jean-François Courreau                            Dr Nathalie Milhas
              École Nationale Vétérinaire d'Alfort             Docteur vétérinaire

              94704 Maisons-Alfort Cedex                         31150 Fenouillet         

 
Coordinateurs du Collectif des Vétérinaires pour l'Abolition de la Corrida
 
 
 
                                                    Maisons-Alfort, le 6 mai  2011

 


Monsieur,


Le Ministère de la Culture et de la Communication a inscrit la corrida dans l'inventaire du patrimoine culturel immatériel français et c'est le mundillo qui a eu le privilège d'annoncer cette décision, à l'occasion de la féria d'Arles le 22 avril dernier.

Par cette décision, le Ministère a pris position dans un débat de société où s'affrontent des points de vue éthiques totalement opposés. Ce choix est incompréhensible et choquant pour de nombreux citoyens, des associations, des élus.

 

Et en cette année 2011, proclamée Année Mondiale Vétérinaire avec le soutien de l'UNESCO, en commémoration du 250ème anniversaire de la fondation de la première École vétérinaire du monde à Lyon, cette initiative heurte profondément tous les vétérinaires engagés contre la souffrance animale.


Notre collectif de vétérinaires s'élève, pour reprendre les termes du Code pénal, contre ces "sévices graves ou actes de cruauté envers les animaux". Il regroupe à ce jour plus de 700 vétérinaires, dont la liste est publique et continue à prendre de l'ampleur. Nous savons cependant que c'est l'ensemble de la communauté vétérinaire qui est blessée par la décision du Ministère.

C'est pourquoi, aux côtés des autres associations qui dénoncent l'inadmissible tolérance dont bénéficie la corrida dans notre pays, nous demandons le retrait de la corrida de l'inventaire du patrimoine immatériel français, ainsi que le retrait des pratiques festives incluant explicitement les spectacles taurins sanglants.

 

Nous vous prions de trouvez en pièce jointe le document d'information que nous adressons à nos adhérents afin de les éclairer.

 

En vous remerciant de votre attention, veuillez agréer, Monsieur, l'expression de notre considération distinguée.

 

 

 

 

Courrier adressé à : 

- M Philippe Bélaval, chef de la Direction Générale des Patrimoines

- M Pascal Liévaux, chef du Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique
- M Christian Hottin, adjoint au chef du Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique

 

Copie à :

- M Nicolas Sarkozy, Président de la République

- M François Fillon, Premier ministre

- M Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication

- Mme Rama Yade, déléguée permanente à l'UNESCO

 

 

Annexe jointe au courrier, ainsi qu'à l'attention des membres

du Collectif des Vétérinaires pour l'Abolition de la Corrida

 

 

L'inscription s'inscrit dans le cadre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel adoptée par l'UNESCO en 2003, et approuvé par la France en 2006. Cette Convention vise notamment, et à juste titre, à protéger les traditions culturelles menacées par "les processus de mondialisation et de transformation sociale".

Cependant, il n'est nulle part question dans le texte de la Convention, et heureusement, de sauvegarder des pratiques en raison des oppositions dont elles peuvent faire l'objet. L'UNESCO s'immiscerait sinon dans des débats de société et des conflits d'opinions qui ne sont pas de son ressort.

 

La définition du patrimoine culturel immatériel (PCI), telle que présentée par le premier paragraphe de l'article 2 de la Convention de 2003, fait explicitement référence aux "exigences du respect mutuel entre les communautés, les groupes et les individus". La corrida est l'enjeu d'oppositions éthiques extrêmement fortes entre des groupes de pensée, et ne saurait donc, au moins pour cette raison, satisfaire à cette définition.


Or, c'est pourtant bel et bien dans cet esprit qu'intervient le présent classement à l'inventaire du patrimoine.

 

Depuis son introduction en France durant la seconde moitié du XIXème siècle, la corrida a toujours été vigoureusement combattue par des citoyens, des associations, des hommes politiques, et a toujours fait l'objet de nombreuses batailles médiatiques, juridiques, et législatives.

Elle est de nos jours interdite par le Code pénal sur les neuf-dixièmes du territoire français par l'article 521-1, dans le chapitre "Des sévices graves ou actes de cruauté envers les animaux", ainsi que par les articles règlementaires R654-1 et R655-1.

 

Une proposition de loi demandant que cette interdiction s'applique sans dérogation à l'ensemble du territoire français, déposée par Muriel Marland-Militello (UMP) et Geneviève Gaillard (PS) en juillet 2010 a recueilli à ce jour 74 signatures de députés, malgré le blocage du groupe socialiste.

 

Les enquêtes d'opinions montrent de façon répétée qu'une large majorité de Français est  opposée à la corrida, et ceci dans les régions taurines presqu'autant que dans les régions non taurines.

Ce débat se retrouve à l'identique dans les autres pays pratiquant la tauromachie espagnole. Rappelons qu'en juillet 2010, le Parlement de la Catalogne, deuxième région d'Espagne en termes démographiques, a voté la suppression des corridas. En Équateur, l'une des questions d'un référendum national prévu le 7 mai 2011 porte sur la suppression des corridas.

 

En réalité, cette inscription de la corrida au PCI français est présentée par ses propres promoteurs, à savoir l'association dénommée Observatoire National des Cultures Taurines (ONCT) et l'Union des Villes Taurines Françaises (UVTF), comme un moyen non pas de protéger la corrida de l'oubli ou de la désuétude, mais de la mettre à l'abri de ses opposants.

On pouvait lire en décembre 2009, sur le site d'André Viard, président de l'ONCT, le coup d'envoi de cette démarche ainsi présentée dans un communiqué de l'UVTF :  "À l'occasion de l'assemblée générale de l'Union des Villes Taurines,[...] la décision d'entreprendre les démarches destinées à inscrire la Culture Taurine au Patrimoine Immatériel de l'UNESCO a été ratifiée à l'unanimité. Est ainsi donné en France le coup d'envoi d'une campagne [...] qui devrait aboutir à plus ou moins long terme à préserver la culture taurine de toutes les attaques dont elle est l'objet au nom de supposés "droits des animaux" que ne reconnaît aucune instance internationale, et surtout pas l'UNESCO. L'Observatoire des Cultures Taurines [...] pilotera le dossier en concertation avec l'UVTF."

 (http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-12-09/14-12-091.php)

Et on a pu lire le 22 avril dernier, après l'annonce de l'inscription au PCI, sur le site du même André Viard : "Créé voici trois ans à Arles, l'Observatoire est d'abord intervenu dans le cadre des rencontres "Animal et société" pour stopper les attaques en cours contre la corrida [...] l'Observatoire obtint [...] le rejet de toutes les demandes formulées par les associations anti taurines. [...] Mais très vite l'Observatoire décida de voir plus loin et de passer du simple stade de la défense ponctuelle chaque fois que des attaques se présentaient, vers une stratégie de consolidation à long terme [...], ce qui passait par un ancrage institutionnel au niveau culturel. Le projet "patrimoine", mené dans la plus grande discrétion pendant deux ans, a été minutieusement préparé".

(http://www.terrestaurines.com/forum/actus/01-04-11/22-04-112.php)

 

Un projet "mené dans la plus grande discrétion" pour protéger une pratique culturelle de la disparition, c'est pour le moins étrange...

Nous vous invitons à lire les éditoriaux des jours suivants du président de l'ONCT : ils se passent de commentaires.

 

Ainsi, de deux choses l'une :

- soit la commission et les instances qui ont entériné ce choix de l'inscription au PCI étaient complices ;

- soit la commission et les instances qui ont entériné ce choix ont été dupées.

Dans les deux cas de figures, une seule décision s'impose : retirer purement et simplement la corrida de l'inventaire du patrimoine immatériel français.

 

Et puisque cette mésaventure incite à la vigilance, il nous paraît nécessaire que soient retirées aussi les fiches d'inventaire suivantes, dans la rubrique "Pratiques Festives", qui incluent explicitement des spectacles de corrida :

- Hèstas e Hestaires, Fêtes et Festayres, qui mentionnent des "courses de taureaux empruntées à la tradition espagnole", et fait référence aux quatre arènes de 1ère catégorie du Sud-Ouest (Bayonne, Mont-de-Marsan, Dax, Vic-Fezensac).

- Fêtes de Bayonne, qui mentionne des "corridas" (une corrida à cheval est prévue cette année).
- Fêtes de Dax, qui mentionne un "cycle de corridas" (neuf spectacles taurins espagnols sont prévus cette année).

Par Vétérinaires Anti Corrida
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 22:11

PCI-Chrib.jpg

dessin de Chrib

 

 

La confirmation par le ministère de la Culture, de l'inscription de la corrida à l'inventaire du patrimoine immatériel français (PCI), a suscité ce que les taurins appellent une bronca, c'est-à-dire une énorme réprobation du public.
Suite aux articles sur le thème mis en ligne sur internet par les différents médias, les commentaires de protestations l'ont emporté largement. Et de nombreux citoyens ont également sans nul doute manifesté leur mécontentement auprès des instances ministérielles, par voie de courriers postaux, de mails, de formulaires internet, ou d'appels téléphoniques.

Du côté des organisations

Les représentants des associations opposées à la corrida ont exprimé leur point de vue sur les médias nationaux et régionaux, qu'ils s'agisse des télévisions, des radios ou des quotidiens.

Le CRAC Europe, qui avait déjà mis en ligne une pétition contre l'inscription de la corrida à l'UNESCO (laquelle va dépasser les 20 000 grâce à cette piqûre de rappel), a mis en place un site dédié à la réaction contre cette inscription à l'échelon français. Il y propose une pétition pour le retrait, oriente les protestations individuelles, fait le point sur l'actualité, et surtout coordonne l'organisation d'un rassemblement le 28 mai à 15 h place du Palais Royal à Paris, devant le ministère de la Culture, soutenu par de nombreuses organisations, grandes et petites.

La FLAC, qui s'était également montrée précurseur en publiant un manifeste de personnalités contre l'inscription de la corrida à l'UNESCO avant l'annonce de l'inscription française, relaie, informe, et participe à des actions communes.

L'Alliance Anticorrida a participé à une lettre ouverte adressée à Frédéric Mitterand, publiée dans Le Parisien-Aujourd'hui en France du 2 mai, co-signée avec elle par la Confédération des SPA, la Fondation Assistance aux animaux, la Fondation Brigitte Bardot, la Ligue française pour la protection du cheval, l'Oeuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs et la Fondation 30 millions d'amis.

Du côté des associations médiatiques, la Fondation Brigitte Bardot avait été l'une des premières à réagir, et la Fondation 30 millions d'amis propose aussi une pétition demandant le retrait de cette inscription.
La Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences (LFDA) demande quant à elle au plus tôt un entretien avec les responsables de la Direction Générale des Patrimoines ou du Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique du Ministère de la Culture et de la Communication, chargés de l'inventaire du PCI dans le cadre de la Convention 2003 de l'UNESCO.

Enfin, plusieurs organisations exigent de la part du ministère les documents précis attestant de cette inscription, et bien entendu, au cas où l'administration se crisperait sur sa décision ubuesque, étudient les recours juridiques, tant au niveau national qu'au niveau du Conseil de l'Europe.

Les associations locales font souvent efficacement sur le terrain un travail d'intervention et de relais.

Signalons enfin, en plein coeur de cette polémique, la naissance fin avril d'une page Facebook d'opposition à la corrida, média incontournable à notre époque de réseaux sociaux virtuels : P.E.A.C.E.

Du côté des élus

La députée Muriel Marland-Militello a réagi le jour même de l'annonce.

Le Groupe d'études "Protection des animaux" de l'Assemblée nationale a émis le 28 avril 2011 un communiqué qui a largement fait écho dans les médias.
Une cinquantaine de députés membres de ce Groupe d'études, de tous bords, ont demandé ainsi au ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, le "retrait immédiat" de l'inscription de la corrida au patrimoine culturel immatériel national.

Geneviève Gaillard (SRC), présidente de ce Groupe d'études, avec Muriel Marland-Militello (UMP) et Armand Jung (SRC), vice-présidents, "s'indignent", dans ce communiqué, "contre une telle reconnaissance vis-à-vis de ce qui demeure une exception scandaleuse et fragile à la pénalisation des cruautés et sévices faits aux animaux en France".

Parmi les "Questions Écrites", procédure simplissime couramment employée par les députés, 3 QE pertinentes destinées au ministre de la Culture ont été publiées dans le JO du 3 mai :
- Anny Poursinoff  demande dans sa QE au ministre de "de revenir sur sa décision" ;
- Muriel Marland-Militello demande dans sa QE "pourquoi cette information a été tenue secrète pendant trois mois" ;
- Muriel Marland-Militello demande dans une autre QE au ministre "ce qu'il entend faire en tant que ministre de la culture "

Côté Sénat, il faut noter, dans cette actualité, le dépôt le 5 mai par Roland Povinelli, sénateur socialiste des Bouches-du-Rhône, de la proposition de loi (PPL) n° 493, bientôt mise en distribution (= diffusée), dont l'objet vise à punir, sans exception, les sévices graves envers les animaux domestiques, apprivoisés, ou tenus en captivité.
Il s'agit en fait d'une PPL parfaitement analogue à celle déposée par Muriel Marland Militello et de Geneviève Gaillard en juillet 2010, et visant par conséquent à supprimer les dispositions dérogatoires permettant les corridas et les combats de coqs.
Cette nouvelle PPL est la bienvenue pour deux raisons :
- elle est accessible aux sénateurs, alors que la PPL de MMM & GG concerne donc les députés ;
- elle est déposée par un sénateur socialiste, alors que J-M Ayrault, chef du Groupe socialiste à l'Assemblée, bloque depuis juillet dernier les signatures socialistes susceptibles de rejoindre la PPL de MMM & GG. Devant l'absence de réponse de ce dernier à notre lettre, nous sommes d'ailleurs en droit d'émettre des hypothèses. À savoir que M Ayrault ne voulait pas porter tort à cette affaire d'inscription au PCI, vu que les présidents de la région PACA (le socialiste Michel Vauzelle) et de la région Languedoc-Roussillon (le socialiste Christian Bourquin) sont deux tauromaniaques acoquinés avec André Viard, président du lobby tauromachique appelé ONCT, et promoteur auto-proclamé de cette inscription au PCI.
Reste à espérer que le président du Groupe socialiste à la Haute Assemblée, Jean-Pierre Bel, n'aura pas la même posture bassement clientéliste (mais électoralement absurde) que son homologue du Palais Bourbon.

En conclusion : restons mobilisés.
Par Vétérinaires Anti Corrida
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